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Lecture de carte

Lire la carte aéronautique : le cartouche, les symboles, et une méthode en trois étapes pour savoir si l’on peut voler à un point donné.

Lire un cartouche

Sur la carte de vol à voile, les limites d’un espace ou d’une zone sont écrites dans un cartouche, qu’on appelle aussi « tag ». La valeur du haut est la limite supérieure, celle du bas la limite inférieure. C’est la façon d’écrire le chiffre qui dit à partir de quoi on le compte :

3950 Altitude AMSL standard (STD) chiffres clairs, fond de couleur 2050 Altitude AMSL, lue au QNH chiffres bleus, fond de carte 600 AGL Hauteur au-dessus du sol écriture droite, suivie de AGL GND Le sol (ground) écriture droite
Les quatre façons d’écrire une limite dans un cartouche. 3950, en chiffres clairs et en italique sur fond bleu : une altitude AMSL (*Above Mean Sea Level*, au-dessus du niveau moyen de la mer) en atmosphère standard, notée STD. 2050, en chiffres bleus et en italique sur le fond de la carte : une altitude AMSL, lue avec le QNH (pression ramenée au niveau de la mer). 600 AGL (*Above Ground Level*), en écriture droite : une hauteur au-dessus du sol. GND (*Ground*) : le sol.

Une altitude AMSL (Above Mean Sea Level, au-dessus du niveau moyen de la mer) se compte depuis la mer, une hauteur AGL (Above Ground Level, au-dessus du sol) depuis le sol. Les deux sortes d’altitudes AMSL sont en italique : c’est le fond, de couleur ou celui de la carte, qui les sépare. Sur fond de couleur, c’est une altitude en atmosphère standard, un niveau de vol donné en mètres : le jour du vol, elle se corrige avec le QNH (pression ramenée au niveau de la mer ; fiche « Le plafond du jour : la correction du QNH »). Sur le fond de la carte, elle se lit directement avec l’altimètre réglé sur le QNH.

3950 : altitude AMSL standard 2050 : altitude AMSL, au QNH or : « ou » 300 AGL : hauteur au-dessus du sol D : la classe de l’espace aérien © swisstopo / OFAC Carte de vol à voile, 35e édition
Un cartouche de la carte de vol à voile, et ce que dit chaque écriture. D, en blanc sur bleu : la classe de l’espace aérien. 3950, chiffres clairs en italique sur fond bleu : la limite supérieure, une altitude AMSL en atmosphère standard. 2050, en italique bleu sur le fond de la carte : une altitude AMSL, lue au QNH. « or » : ou. 300 AGL, en écriture droite : une hauteur au-dessus du sol. © swisstopo / OFAC.

La couleur du cartouche dit de quoi il s’agit :

Deux lettres, deux tranches. Un cartouche à deux lettres se lit en deux fois, la lettre du haut allant avec les valeurs du haut :

  • D au-dessus de E, avec 3050, 1750, puis « 1600 or 200 AGL » : l’espace D va de 1750 m AMSL à 3050 m AMSL standard ; l’espace E est en dessous, dès 1600 m AMSL ou 200 m AGL (N°161).
  • C au-dessus de D, avec 5950, 3050, puis « 300 AGL » : l’espace D va de 300 m AGL à 3050 m standard ; l’espace C est au-dessus, jusqu’à 5950 m standard (N°164).

Les espaces C et D exigent une autorisation préalable et un contact radio permanent (fiche « Sept classes, quatre en Suisse ») : la radio devient obligatoire là où commence la tranche D ou C.

Les autres mentions :

  • « NOTAM » (Notice to Airmen, avis pour les utilisateurs de l’espace aérien) à la place de la limite inférieure : elle se lit dans le NOTAM ou le DABS (Daily Airspace Bulletin Switzerland, bulletin quotidien de l’espace aérien suisse ; N°176).
  • « HX » dans le nom d’une TMA ou d’une CTR (Control Zone, zone de contrôle) : sans horaire fixe, activation à très court terme ; « TEMPO » : activation temporaire, annoncée par NOTAM/DABS (fiche « Activation : HX, TEMPO, DABS »).
  • « MO » dans une LS-R pour vol à voile : en règle générale, la zone n’est alors active qu’en MIL OFF (hors des heures du service de vol militaire). Mais MO peut ne viser que le plafond qu’il accompagne, quand le cartouche donne en plus un plafond sans mention. Deux exemples : la LSR24 (« 4550 MO / 3950 / 600 AGL ») reste active en MIL ON (pendant les heures du service de vol militaire) jusqu’à 3950 m, et 4550 m ne vaut qu’en MIL OFF ; de même, la LSR54 va de 600 m AGL à 3950 m standard en MIL ON.
  • « MA » : zone toujours active en MIL OFF, activable sur demande en MIL ON.
© swisstopo / OFAC
Le cartouche d’une LS-R pour vol à voile, la LSR34. « 600 AGL », en écriture droite : la limite inférieure, 600 m au-dessus du sol. « 3950 MO », en chiffres clairs sur fond vert : la limite supérieure en MIL OFF, en AMSL standard. « 3200 MA », en italique vert : la zone peut être activée sur demande pendant les heures de vol militaire ; ce 3200 ne donne pas le plafond de ces heures-là. Le vert est la couleur des LS-R pour vol à voile sur la carte. © swisstopo / OFAC.

Piège : le « STD » des réponses. Plusieurs réponses du QCM (questionnaire à choix multiple) oublient la mention « atmosphère standard ». Dans les questions sur un point X, une bonne réponse qui écrit « 3050 m AMSL » désigne donc bien le plafond de 3050 m standard. Dans les questions de lecture de cartouche, au contraire, c’est justement le STD qui sépare les propositions : chiffres clairs sur fond de couleur = STD (N°162, N°163, N°176).

Moyen mnémotechnique : chiffres clairs sur fond de couleur = standard ; italique sur le fond de la carte = QNH ; AGL écrit en toutes lettres = sol.

La méthode du point X

Dix-sept questions montrent un extrait de carte avec un X, une altitude ou une hauteur sol, un jour et une heure. On y répond en trois étages : d’abord le plafond, puis la visibilité et les distances aux nuages, enfin ce que disent les cartouches et les aérodromes proches.

1. Le plafond

Côté Moment Plafond de E
nord (Jura, Plateau) toujours 3050 m
sud (Alpes) MIL ON en général 3950 m
sud (Alpes) MIL OFF en général 4550 m

Valeurs en AMSL standard.

  • Le côté de la ligne. La ligne de séparation est tracée en traitillé vert foncé sur la carte (fiche « Passer sous une TMA ») : on regarde de quel côté est le X.
  • Le jour et l’heure. Les heures MIL ON peuvent changer d’une année à l’autre. Celles de 2025 sont : du lundi au vendredi, jours fériés exceptés, de 7 h 30 à 12 h 05 et de 13 h 15 à 17 h 05, heure locale. Le week-end et les jours fériés, on est donc en MIL OFF (fiche « Les heures de vol militaire »), sauf exception annoncée dans le NOTAM/DABS. Pour un vol réel, ce sont les heures de la carte de vol à voile en vigueur le jour du vol qui font foi : les y vérifier, avec le DABS du jour.
  • Un cartouche plus bas l’emporte. Si un espace C ou D, ou une LS-R rouge active, commence plus bas que ce plafond, c’est sa limite inférieure qui devient le plafond (N°145, N°148, N°152, N°159, N°160).
  • L’espace G passe au-dessus. Jusqu’à 600 m AGL, on reste dans l’espace G, même au-dessus du plafond de E : 600 m au-dessus d’un sommet de 4506 m, on vole légalement à 5106 m.

2. Visibilité et distances aux nuages

On regarde d’abord la hauteur sol (AGL), puis l’altitude (AMSL).

Où Visibilité Nuages
G, 0–300 m AGL 1,5 km hors des nuages, sol en vue
G, 300–600 m AGL 1,5 km 1500 m / 300 m
E, sous 3050 m 5 km 1500 m / 300 m
E, au-dessus 8 km 1500 m / 300 m
LS-R verte active celle de E 100 m / 50 m

Distances aux nuages : à l’horizontale / à la verticale ; 3050 m AMSL standard.

Une LS-R pour vol à voile ne réduit les distances aux nuages que dans l’espace E, entre les limites de son cartouche, du 1er mars au 31 octobre, du lever au coucher du soleil. La mention MO réserve au MIL OFF la zone, ou parfois seulement le plafond qu’elle accompagne (fiche « Lire un cartouche »). Sous sa limite inférieure, souvent 600 m AGL, les règles ordinaires de l’espace G restent valables.

3. Ce qui interdit le vol, ou pas

Les cas où la réponse est « vol interdit » :

  • près d’un aérodrome : à moins de 5 km des pistes d’un aérodrome civil pour avions, s’il n’a pas de CTR ou si elle est inactive ; même distance autour d’un aérodrome uniquement militaire, sans CTR ou avec une CTR inactive, mais seulement pendant les heures de vol militaire ; à moins de 2,5 km d’un héliport. Ces distances valent jusqu’à 600 m au-dessus du point de référence de l’aérodrome ou de l’héliport (fiche « Distances aux aérodromes ») ;
  • dans une LS-R rouge active, dans la tranche de son cartouche. Une LS-R ou une LS-D encadrée de rouge sur la carte, si le DABS du jour ne la mentionne pas, est inactive (fiche « Le DABS ») ;
  • dans les espaces C et D, en principe : au-dessus du plafond de E, et au-delà de 600 m AGL, on est dans l’espace C ; dans une CTR, l’espace D descend jusqu’au sol.

Et les cas où le vol reste permis :

  • au-dessus de la CTR de Granges (N°150) : sa limite est à 1350 m, et plus haut, on retrouve l’espace E. Toutes les CTR ne s’arrêtent pas si bas : celle de Sion monte jusqu’à 3950 m standard ;
  • dans une LS-D active, en droit seulement : on peut la traverser sous sa propre responsabilité ; mais le danger peut être mortel, et il faut la considérer comme interdite tant qu’elle est active (fiche « Zones réglementées, dangereuses, interdites ») ;
  • sous une TMA des Alpes : au sud de la ligne, on peut toujours passer dessous jusqu’à 300 m AGL ;
  • sous une TMA HX annoncée inactive : sa tranche ne limite pas pour l’instant, mais elle peut s’activer, en général en moins de 30 minutes, d’où la veille radio ou l’appel régulier.

Mesurer sur la carte. Au 1:300 000, un carré du quadrillage fait 10 km de côté. Astuce : posée au centre d’un aérodrome, une pièce de 5 francs cache presque toute la zone de 5 km ; une pièce de 5 centimes couvre la zone de 2,5 km autour d’un héliport.

Moyen mnémotechnique : plafond, puis sol, puis cartouches. Et quatre signaux d’alarme dans les propositions : 8 km sous 3050 m ; 100 m / 50 m hors d’une LS-R verte active ; « hors des nuages » au-dessus de 300 m AGL ; 4550 m au nord de la ligne ou en MIL ON.

Les symboles de la carte

On se fie à l’édition de la carte valable le jour du vol. Chaque printemps, elle ajoute les nouveaux obstacles, mais un obstacle tout récent peut encore lui échapper ; sa légende, près de deux pages A4, change peu d’une année à l’autre.

Un extrait de la légende de la carte de vol à voile : les aérodromes, avec des intitulés en allemand, en français et en italien. Colonne du milieu, piste revêtue ; colonne de droite, piste non revêtue, avec des symboles évidés. De haut en bas : aérodrome ouvert au trafic public (cercle barré à quatre dents ; à côté, un second dessin, un contour allongé barré) ; champ d’aviation privé (cercle barré simple) ; aérodrome civil et militaire mixte (cercle barré avec un second cercle à l’intérieur, avec ou sans dents, en violet ; en piste non revêtue, la légende indique « aucune disponible ») ; aérodrome militaire (cercle barré avec un second cercle, en rouge). Dans ces deux lignes, la croix dans un cercle rouge marque un aérodrome hors service. En bas : héliport (H dans un cercle), terrain de vol à voile (cercle vide), hydroaérodrome (ancre dans un cercle), et « R », restreint pour les avions et/ou hélicoptères qui ne sont pas basés sur l’aérodrome. Le violet et le rouge sont les couleurs de la légende. Oberson & Vallotton, Législation, p. 46.
Un extrait de la légende de la carte de vol à voile : les aérodromes, avec des intitulés en allemand, en français et en italien. Colonne du milieu, piste revêtue ; colonne de droite, piste non revêtue, avec des symboles évidés. De haut en bas : aérodrome ouvert au trafic public (cercle barré à quatre dents ; à côté, un second dessin, un contour allongé barré) ; champ d’aviation privé (cercle barré simple) ; aérodrome civil et militaire mixte (cercle barré avec un second cercle à l’intérieur, avec ou sans dents, en violet ; en piste non revêtue, la légende indique « aucune disponible ») ; aérodrome militaire (cercle barré avec un second cercle, en rouge). Dans ces deux lignes, la croix dans un cercle rouge marque un aérodrome hors service. En bas : héliport (H dans un cercle), terrain de vol à voile (cercle vide), hydroaérodrome (ancre dans un cercle), et « R », restreint pour les avions et/ou hélicoptères qui ne sont pas basés sur l’aérodrome. Le violet et le rouge sont les couleurs de la légende. Oberson & Vallotton, Législation, p. 46.

Lecture du tableau : le second cercle, à l’intérieur, ne se trouve que dans les symboles des aérodromes mixtes et militaires ; la couleur les sépare, violet pour le mixte, rouge pour le militaire (N°165). Un héliport impose 2,5 km, un aérodrome 5 km (fiche « 3. Ce qui interdit le vol, ou pas »).

Piège. Du vert sur la carte ne veut pas dire LS-R verte. La légende a son propre symbole pour un terrain de vol à voile, et près d’un aérodrome on trouve aussi de petits planeurs verts, qui marquent l’activité de vol à voile. Ces symboles se rencontrent aussi hors de toute LS-R verte ; ils ne délimitent donc pas de zone. Une LS-R pour vol à voile se reconnaît à son nom et à son cartouche verts (N°146, N°159 ; fiche « La LS-R verte, pour le vol à voile »).

Des extraits d’anciennes cartes

Plusieurs images du QCM datent d’avant la carte 2025 :

  • la LS-R51 de l’extrait de N°147 n’apparaît plus sur la carte 2025 ;
  • la TMA de N°157 a désormais pour limite 1700 m AMSL ou 300 m AGL : au sud de la ligne, les cartouches des TMA donnent maintenant l’altitude AMSL et aussi la hauteur AGL ;
  • la TMA d’Alpnach de N°166 porte désormais la mention TEMPO.

Dans ces trois cas, la réponse ne change pas.

© swisstopo / OFAC Carte de vol à voile, 35e édition
La présentation actuelle de la TMA d’Alpnach sur la carte de vol à voile. Le long de ses limites bleues, la mention TEMPO (par exemple « TMA 2 TEMPO ») : une activation temporaire, annoncée par NOTAM/DABS. À gauche, « TMA 4 HX » et « TMA 6 HX » gardent la mention HX : ce sont des secteurs de la TMA d’Emmen, comme sur l’extrait de la question N°166. Les cartouches bleus « D » de la TMA, comme « 3950 / 700 or 300 AGL », donnent la limite inférieure en altitude AMSL et en hauteur au-dessus du sol ; « or » est l’anglais pour « ou » ; 3950, en chiffres clairs sur fond bleu, est une altitude AMSL en atmosphère standard. À droite, le cartouche « D 3950 / GND 128.475 » est celui de la CTR d’Alpnach (« CTR LSMA » le long de sa limite) : l’espace D du sol à 3950 m standard, avec la fréquence de la tour, que rappelle aussi « ALPNACH TWR 128.475 » ; c’est sur ces fréquences de tour ou d’information qu’il est conseillé de s’informer. En haut à droite, le symbole rouge de l’aérodrome d’Alpnach (LSMA, 440 m) : celui de l’aérodrome militaire dans la légende. En violet, Kägiswil (LSPG, 465 m) : le symbole du champ d’aviation privé, avec « R », restreint pour les avions et/ou hélicoptères non basés sur l’aérodrome. En rouge, des LS-R : la LSR40 (3200 au-dessus de GND) et la LSR40A (3200 au-dessus de 1350), en italique rouge sur le fond de la carte, donc en AMSL ; la LSR2 (3950 / 3050) et la LSR39A (3950 / NOTAM), en chiffres clairs sur fond rouge, donc en AMSL standard ; pour la LSR39A, la limite inférieure est donnée par le NOTAM. Le bleu, le rouge et le violet sont les couleurs de la carte. Carte de vol à voile, 35e édition, © swisstopo / OFAC.

Pièges entre questions voisines

  • N°161 et N°164 : la radio devient obligatoire là où commence l’espace D, 1750 m AMSL dans l’une, 300 m AGL dans l’autre.
  • N°162, N°163 et N°176 : les propositions ne diffèrent souvent que par « en atmosphère standard », ou par « sol » et « mer ». Chiffres clairs sur fond de couleur = standard ; AGL écrit = sol.
  • N°145 et N°152 : une LS-R rouge active qui commence à 3050 m ramène le plafond à 3050 m, même au sud de la ligne en MIL ON.
  • N°147, N°154 et N°155 : « vol interdit » à cause d’un héliport (2,5 km) ou d’un aérodrome (5 km), à moins de 600 m au-dessus d’eux ; dans la troisième, l’héliport est trop loin, et c’est l’espace C qui interdit le vol.
  • N°157 et N°178 : une hauteur sol basse donne les minima de l’espace G : hors des nuages jusqu’à 300 m AGL, 1500 m / 300 m de 300 à 600 m AGL.
  • N°167 et N°168 (signalées) : même extrait, même LS-R24 ; seul le moment change. Dimanche après-midi, MIL OFF : 4550 m ; lundi à 14 h, MIL ON : 3950 m. Les deux réponses officielles ajoutent « ou 600 m au-dessus du sol, la plus grande hauteur ».

À confirmer. Oberson & Vallotton (Législation, p. 48–49) jugent la réponse officielle de N°167 fausse, ou sa question mal posée, et l’ont signalé à la FSVL (Fédération suisse de vol libre) ; la question de N°168 serait « probablement mal posée ». Pour eux, les distances réduites de la LS-R24 s’arrêtent au plafond du moment, et le « ou 600 m au-dessus du sol » décrit l’espace G au-dessus des sommets, hors de la LS-R. À l’examen, donner la réponse officielle.