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Zones aériennes

Zones réglementées, dangereuses et interdites, zones de contrôle autour des aéroports, leur activation, et les zones où la radio est exigée.

Des zones par-dessus les classes

L’espace aérien suisse se divise d’abord en classes, C, D, E et G. Des zones s’y ajoutent : certaines limitent le vol, d’autres le facilitent. Trois rappels suffisent pour les comprendre :

  • les espaces E et G sont les seuls où volent les planeurs de pente, sans autorisation préalable ni contact radio permanent ;
  • les espaces C et D exigent une autorisation préalable et un contact radio permanent : en principe, un parapente n’y entre pas ;
  • l’espace D sert dans les CTR (Control Zone, zone de contrôle), où il descend jusqu’au sol (mention GND, Ground) et fait disparaître G et E, et dans les autres TMA (Terminal Manoeuvring Area, région de contrôle terminal) ; l’espace C sert au-dessus de l’espace E, dans les TMA à fort trafic et dans les AWY (Airway, voie aérienne).

Les classes elles-mêmes, leurs plafonds et les heures de vol militaire sont dans fiche « Sept classes, quatre en Suisse », fiche « L’espace E et son plafond » et fiche « Les heures de vol militaire ».

Zones réglementées, dangereuses, interdites

Trois sortes de zones restreignent l’espace :

Zone Sigle Si elle est active
réglementée LS-R (zone réglementée) rouge : interdite ; verte : allègement
dangereuse LS-D (zone dangereuse) traversable en droit, à éviter
interdite P interdite, sauf autorisation
  • Zone réglementée (LS-R). On y vole sous certaines règles, par exemple une hauteur à respecter. Active, elle impose ses règles spéciales : interdiction de vol dans une LS-R rouge, distances aux nuages réduites dans une LS-R verte (N°103). Une LS-R rouge est strictement interdite dès qu’elle est active. Pour un événement (conférence, glissement de terrain, entraînement de la patrouille suisse), des LS-R temporaires s’ajoutent à celles de la carte ; le DABS (Daily Airspace Bulletin Switzerland, bulletin quotidien de l’espace aérien suisse) les publie.
  • Zone dangereuse (LS-D). Il peut s’y dérouler des activités dangereuses pour les aéronefs, par exemple des tirs militaires (DCA (défense contre avions) ou artillerie), souvent pour une courte période ; elle n’est pas active en permanence (N°109). En droit, on peut la traverser, en connaissance de cause et prudemment, sous sa propre responsabilité. En pratique, mieux vaut la traiter comme une zone totalement interdite quand elle est active.
  • Zone interdite (P, prohibited). Toute activité aéronautique non autorisée y est interdite. La Suisse n’en a aucune permanente ; il en est décrété pour quelques jours, lors de grandes rencontres par exemple.

Active ou pas ? Une LS-R ou une LS-D encadrée de rouge sur la carte de vol à voile, mais absente du DABS du jour, est inactive (fiche « Activation : HX, TEMPO, DABS »).

Piège. Pour une LS-R, c’est la couleur qui dit ce qu’on peut faire : rouge et active, on n’y entre pas ; verte, le vol à voile y est facilité (N°33). Et une LS-D n’est pas interdite en droit : c’est la prudence qui commande de l’éviter (N°109).

Moyen mnémotechnique : Rouge = Refus d’entrer (si active) ; Verte = Vol facilité ; D = Danger.

La LS-R verte, pour le vol à voile

On l’appelle aussi LSR for Gliders ou LS-R pour vol à voile :

  • elle allège les règles pour les planeurs et les planeurs de pente, et eux seuls ;
  • du 1er mars au 31 octobre, du lever au coucher du soleil (ses périodes définies), les distances minimales aux nuages y tombent à 100 m à l’horizontale et 50 m à la verticale ; la visibilité minimale reste celle de l’espace E à l’altitude de vol (N°108) ;
  • elle est classée « restreinte » parce que ces distances réduites la rendent plus risquée pour les autres usagers, les avions par exemple ; le trafic IFR (Instrument Flight Rules, règles de vol aux instruments) y est interdit ;
  • elle n’est active que dans l’espace E. Sous sa limite inférieure, très souvent directement dans l’espace G, les règles habituelles de l’espace concerné s’appliquent, visibilité et distances aux nuages comprises.

Les mentions MO (active seulement hors des heures du service de vol militaire) et MA (activable sur demande pendant les heures du service de vol militaire). Sans mention, une LS-R for Gliders est active pendant toute sa période d’activité. Deux mentions, écrites après une limite supérieure, font exception :

  • MO : la zone n’est alors active qu’en période MIL OFF, hors des heures de vol militaire. Mais quand le cartouche donne en plus un plafond sans mention, MO peut ne viser que le plafond qu’il accompagne : la LSR24, « 4550 MO / 3950 », reste active en MIL ON (pendant les heures du service de vol militaire) sous 3950 m ; les 4550 m ne valent qu’en MIL OFF.
  • MA : en MIL OFF, la zone est toujours active. Pendant les heures de vol militaire, on peut demander son activation au contrôle aérien de Locarno ; un répondeur renseigne (voir le manuel VFR (Visual Flight Rules, règles de vol à vue) ; N°34).

MIL ON désigne les heures du service de vol militaire : en 2025, du lundi au vendredi, sauf jours fériés, de 7 h 30 à 12 h 05 et de 13 h 15 à 17 h 05, heure locale. Elles peuvent changer d’une année à l’autre ; pour un vol réel, celles de la carte en vigueur le jour du vol font foi (fiche « Les heures de vol militaire »).

© swisstopo / OFAC
Le cartouche d’une LS-R pour vol à voile sur la carte, la LSR34. « 600 AGL » : la limite inférieure, 600 m au-dessus du sol. « 3950 MO » : le plafond hors des heures de vol militaire ; ses chiffres clairs sur la bande verte sont une écriture inversée, qui signale une altitude AMSL en atmosphère standard. « 3200 MA » : la zone peut être activée sur demande pendant les heures de vol militaire, mais ce 3200 ne donne pas le plafond de ces heures-là. Le vert est la couleur des LS-R pour vol à voile sur la carte. © swisstopo / OFAC.

Piège. MA n’a rien à voir avec le matin : c’est une question d’activation pendant les heures de vol militaire. Et en MIL ON, une zone MA n’est pas simplement inactive : on peut la faire activer sur demande.

Moyen mnémotechnique : MO, plafond de MIL OFF ; MA, Activable sur demande en MIL ON.

CTR, TMA et AWY

Autour des grands aéroports et entre eux, trois sortes d’espaces contrôlés prolongent en quelque sorte les espaces C et D vers le sol. Leurs règles sont celles des espaces C et D, valables pour tous les usagers : on n’y entre qu’avec une autorisation préalable et un contact radio permanent ; en principe, cela les ferme au parapente.

Sigle Nom Ce que c’est
CTR zone de contrôle autour d’un aéroport, du sol à une altitude donnée par la carte
TMA région de contrôle terminale large, autour d’un grand aéroport ; extension et bas sur la carte
AWY couloir aérien relie TMA et aéroports ; bas sur la carte, haut au FL 195 (Flight Level, niveau de vol)

Questions : N°75 à N°80.

  • La CTR part du sol : l’espace D y descend jusqu’au sol et fait disparaître les espaces G et E. L’espace G couvre d’ailleurs toute la Suisse, CTR exceptées.
  • La TMA protège les vols qui arrivent à l’aéroport ou en partent. On y trouve l’espace D, ou l’espace C si le trafic est fort.
  • L’AWY (airway) est en espace C. Sa limite inférieure varie d’un secteur à l’autre ; sa limite supérieure est le FL 195, environ 5950 m (fiche « Du niveau de vol aux mètres »).

Exemple : à Sion, la CTR est une zone allongée d’environ 20 km sur 5 km autour de l’aéroport, du sol à 3950 m AMSL (Above Mean Sea Level, au-dessus du niveau moyen de la mer) en atmosphère standard. La TMA, contiguë, s’étend vers l’est ; sa limite inférieure monte par paliers : 900, 1850, puis 3050 m.

CTR D TMA D ou C AWY C C E E G G GND FL 195 · 5950 m 3050 m FL 100 0 1000 2000 3000 4000 5000 6000 m Le bas de chaque palier de la TMA est donné par la carte. Altitudes à l’échelle ; hauteurs de la CTR et de la TMA données en exemple ; distances horizontales pas à l’échelle.
Les espaces contrôlés autour d’un grand aéroport, en coupe, altitudes à l’échelle. La CTR (espace D) part du sol autour de l’aéroport. Au-dessus et plus large, la TMA (D, ou C si le trafic est fort) : le bas de chaque palier, donné par la carte, monte en s’éloignant de l’aéroport ; dessous, on reste dans G et E. Une voie aérienne (AWY, espace C) en part, jusqu’au FL 195 (5950 m). Les hauteurs de la CTR et de la TMA sont un exemple.
CTR · D TMA · D ou C AWY · C AWY · C sol (GND) Formes simplifiées : en réalité, CTR et TMA ne sont ni rondes ni symétriques. Pas à l’échelle.
Le même ensemble vu de trois quarts. La CTR, petit cylindre posé au sol autour de l’aéroport ; la TMA, plus haute et plus large ; deux voies aériennes (AWY) qui y aboutissent. En réalité, CTR et TMA ne sont ni rondes ni symétriques.

Piège de langue. Dans N°75, N°76 et N°77, « secteur de contrôle d’approche » est un autre nom de la TMA (N°79), qui protège justement les vols en approche. « Région d’information de vol », en revanche, ne désigne aucun des trois ; ne pas la confondre avec la FIZ, zone d’information de vol (fiche « FIZ et RMZ : des zones à radio »).

Moyen mnémotechnique : la CTR colle au sol autour de l’aéroport ; la TMA l’enveloppe, plus haut et plus large ; les AWY sont les routes entre les deux.

Passer sous une TMA

La ligne de séparation Jura-Plateau / Alpes, un traitillé vert foncé sur la carte de vol à voile, change la règle sous les TMA :

Côté de la ligne Bas de la TMA Questions
sud, Alpes on passe dessous jusqu’à 300 m AGL (Above Ground Level, au-dessus du sol) N°81, N°169
nord, Jura-Plateau limite de la carte, dans tous les cas N°170, N°173

Au sud, puisqu’on peut toujours passer sous une TMA jusqu’à 300 m au-dessus du sol, une TMA des Alpes ne descend jamais plus bas que 300 m AGL. Au nord, elle descend jusqu’à la limite inférieure que donne la carte.

TMA Au nord de la ligne (Jura, Plateau) 1700 m limite de la carte 1000 1500 2000 m TMA Au sud de la ligne (Alpes) 1700 m 300 m AGL on passe dessous 1000 1500 2000 m Même colline, même limite de carte (1700 m). Au sud, la TMA ne descend jamais à moins de 300 m du sol.
Passer sous une TMA. En haut, au nord de la ligne de séparation : la TMA descend jusqu’à la limite de la carte, ici 1700 m, même au-dessus de la colline. En bas, au sud : on peut toujours passer dessous jusqu’à 300 m au-dessus du sol ; au-dessus de la colline, le bas de la TMA remonte.
Jura, Plateau Alpes Léman lac de Zoug Ouest : du Léman au lac de Zoug Plateau Alpes le long de la TMA de Zurich Schmerikon Rhin Est : du lac de Zoug au Rhin © swisstopo / OFAC
La ligne de séparation Jura-Plateau / Alpes, repassée en vert épais sur la carte de vol à voile, où elle est un traitillé vert foncé ; en haut, du Léman au lac de Zoug, en bas, du lac de Zoug au Rhin. Au nord-ouest de la ligne, le Jura et le Plateau ; au sud-est, les Alpes. Entre le lac de Zoug et Schmerikon, elle suit le bord sud de la TMA de Zurich. Carte de vol à voile, 35e édition, © swisstopo / OFAC.

Piège. 600 m AGL est le haut de l’espace G, pas le bas d’une TMA ; et c’est la CTR, pas la TMA, qui part du sol (GND). Sur la carte actuelle, les cartouches des TMA au sud de la ligne indiquent désormais l’altitude AMSL et aussi la hauteur AGL : la carte montre la règle, elle ne la change pas.

Moyen mnémotechnique : au Sud, on passe Sous (300 m AGL) ; au Nord, Non : la TMA descend jusqu’à la limite de la carte.

Activation : HX, TEMPO, DABS

Beaucoup de zones ne sont pas actives en permanence. Trois repères :

Mention Activation S’informer
HX (sans horaire fixe) à tout moment, en général en moins de 30 min radio, parfois répondeur
TEMPO (temporaire) annoncée à l’avance NOTAM (Notice to Airmen, avis pour les utilisateurs de l’espace aérien), DABS
  • HX se lit dans certaines CTR ou TMA : pas d’horaire d’activité fixe, une activation possible à très court terme, en général en moins de 30 minutes. Par prudence, on part du principe que la zone est active (N°22). On se renseigne en appelant ou en écoutant la fréquence de la tour ou du service d’information indiquée sur la carte, parfois par un répondeur téléphonique.
  • TEMPO, par exemple dans les TMA de Sion et d’Alpnach, désigne une zone temporaire annoncée par NOTAM/DABS, donc plus longtemps à l’avance qu’une zone HX.
  • Le DABS (Daily Airspace Bulletin Switzerland) est la publication officielle qui donne l’état de l’espace aérien du jour, quatre fois par 24 heures : dangers, restrictions, activation des TMA et CTR temporaires. D’une manière générale, avant chaque vol, tout pilote est tenu d’en lire la version actuelle.

Piège. « Considérer une zone HX comme active » est une précaution, faute d’horaire ; ce n’est pas « active en permanence ». Et l’activation annoncée par NOTAM/DABS, c’est TEMPO, pas HX.

Moyen mnémotechnique : HX, X comme l’inconnue : pas d’horaire, activable à tout moment.

FIZ et RMZ : des zones à radio

Dans deux zones, la radio est la condition d’entrée :

FIZ RMZ
Nom zone d’information de vol Radio Mandatory Zone
En Suisse une seule : Samedan une seule à ce jour : Granges
Pour entrer contact radio établi veille radio et annonces en aveugle
  • FIZ (N°174, N°175). On n’y entre, en théorie, qu’une fois le contact radio établi sur la fréquence de la zone. Son cartouche est particulier : il ne donne que le bas (GND) et le haut (3050 m AMSL), la surface se lisant sur la carte. Il ne donne aucune classe d’espace : comme ailleurs, c’est l’altitude qui la fixe. À Samedan, l’annonce radio est obligatoire du sol à 3050 m AMSL ; au-dessus, le parapente est hors de la FIZ, dans l’espace E, et vole sans annonce.
  • RMZ (N°179). On n’y entre qu’en écoutant la fréquence et en transmettant « en aveugle » : le pilote doit y signaler par radio sa position et ses intentions. Celle de Granges a les mêmes limites latérales que la CTR de Granges, mais ne monte qu’à 600 m AGL ; elle n’est active qu’en dehors des heures de service de la CTR, elle-même activable comme une zone HX.

Les deux questions ont les mêmes quatre propositions, et elles opposent les deux zones : la FIZ demande un contact établi avant d’entrer ; dans la RMZ, on écoute et on s’annonce, sans qu’un contact soit exigé au préalable.

Piège : la radio n’ouvre ni l’une ni l’autre au parapente. Ces réponses peuvent tromper. À Granges, les 5 km autour des pistes de l’aérodrome restent à respecter malgré la RMZ, et cet espace est interdit de vol aux parapentes (fiche « Distances aux aérodromes »). À Samedan, un rayon de 5 km autour du point de référence de l’aérodrome couvre toute la FIZ ; et comme elle monte jusqu’à 3050 m AMSL, la règle des 600 m au-dessus du point de référence, qui permet ailleurs de survoler un aérodrome, ne vaut pas ici. À l’examen, la réponse attendue reste la règle de chaque zone.

L’exception de Samedan. Une partie de la FIZ, sur ses versants sud-est, peut servir au vol libre :

  • chaque vol s’annonce avant le décollage, par téléphone, à la tour de l’aéroport d’Engadine : numéro FSVL (Fédération suisse de vol libre), nombre de pilotes, durée prévue ;
  • après le décollage, on quitte la FIZ au plus vite ;
  • depuis 2022, le FLARM (système anticollision) est obligatoire dans la FIZ et dans un rayon de 5 km autour de l’aéroport.

Moyen mnémotechnique : FIZ, le contact d’abord ; RMZ, écouter et s’annoncer.

Pièges entre questions voisines

Plusieurs questions de ce sujet partagent leurs propositions.

  • Les sigles (N°75, N°77, N°79) : chaque question demande un sigle ; les autres propositions sont les noms des autres. « Secteur de contrôle d’approche » est un autre nom de la TMA.
  • Les descriptions (N°76, N°78, N°80) : « du sol, autour de l’aéroport » = CTR ; « encadre largement un grand aéroport » = TMA ; « relie des aéroports, plafond FL 195 » = AWY. « Tout l’espace aérien suisse » ne décrit aucun des trois.
  • Nord ou sud de la ligne : N°81 et N°173 ont les mêmes propositions, N°169 et N°170 aussi. La bonne réponse de l’une est une proposition fausse de l’autre.
  • FIZ ou RMZ : N°175 et N°179, mêmes propositions ; le contact établi, c’est la FIZ ; la veille et les annonces en aveugle, la RMZ.
  • Rouge ou verte : N°33, N°103, N°108 ; la rouge active interdit, la verte allège.
  • HX ou TEMPO : N°22 ; NOTAM/DABS, c’est TEMPO.