ParaExam

← Théorie

Législation · Théorie

Classes d’espace aérien

Les classes d’espace aérien utilisées en Suisse, l’espace G jusqu’à 600 m sol, l’espace E et les heures de vol militaire.

Sept classes, quatre en Suisse

Sur le plan juridique, l’OACI (Organisation de l’aviation civile internationale) a défini 7 classes (ou catégories) d’espace aérien, notées de A à G. La Suisse n’en utilise que 4 : C, D, E et G. Il n’y a donc en Suisse ni A, ni B, ni F.

Pour tous ceux qui l’utilisent, chaque classe fixe qui peut y entrer et qui a la priorité, mais aussi la visibilité et les distances aux nuages à respecter.

Classe Contrôlée Pour le parapente
C oui en principe exclue
D oui en principe exclue
E oui libre
G non libre
  • Pour le planeur de pente, seules E et G sont ouvertes. Il y entre librement : pas d’autorisation à demander avant, pas de liaison radio à tenir en permanence avec les centres de coordination (N°85, N°86). Des deux, seul G échappe à tout contrôle, pour l’entrée comme pour la circulation ; on y vole en suivant les règles du vol à vue.
  • C et D demandent les deux : une autorisation préalable pour entrer, puis un contact radio permanent. En principe, le planeur de pente n’y va donc pas (N°87).

Piège. « Contrôlé » ne veut pas dire « fermé au parapente ». E est un espace contrôlé, comme C et D, et le planeur de pente y vole pourtant sans autorisation ni radio permanente ; seul G n’est pas contrôlé. Ce qui ferme C et D au parapente, c’est l’autorisation préalable et la radio permanente.

Moyen mnémotechnique : pour les quatre lettres, « CDEG = c’est dégue(ulasse) », de haut en bas. Pour le parapente : E-G, comme « entrée gratuite ».

Où sont C et D

Le parapente n’y entrant en principe pas, il suffit de savoir où elles se trouvent :

Classe Où
C couloirs aériens (AWY : Airway, voie aérienne), TMA (Terminal Manoeuvring Area, région de contrôle terminal) à fort trafic, et tout l’espace au-dessus de E
D CTR (Control Zone, zone de contrôle), jusqu’au sol ; autres TMA

Les CTR, les TMA et les couloirs aériens entourent les grands aéroports et les relient entre eux ; ils prolongent en quelque sorte C et D vers le sol. Dans une CTR, D descend jusqu’au sol : G et E n’y existent plus.

L’espace G, de 0 à 600 m sol

G est la couche du bas : du sol (GND, Ground) jusqu’à 600 m au-dessus de lui (600 m AGL, Above Ground Level), sur toute la Suisse sauf dans les CTR (N°88). Sa limite supérieure suit donc le relief. Elle reste à 600 m AGL même là où elle dépasse le plafond de E, 3050, 3950 ou 4550 m AMSL (Above Mean Sea Level, au-dessus du niveau moyen de la mer) standard : au-dessus d’un haut sommet, on est encore dans G jusqu’à 600 m au-dessus de lui (voir la figure de fiche « L’espace E et son plafond »).

Pour savoir si l’on est dans G, on regarde d’abord la hauteur sol (AGL), pas l’altitude (fiche « Sol, hauteur, altitude, niveau de vol »). À 200 m AGL, on est dans la partie inférieure de G, même à 3800 m AMSL.

G est coupé en deux à 300 m AGL :

Partie Visibilité Nuages
0–300 m AGL 1,5 km, sol ou eau en vue hors des nuages
300–600 m AGL 1,5 km 1500 m à l’horizontale, 300 m à la verticale
Espace G Espace G supérieur 300–600 m AGL Espace G inférieur 0–300 m AGL 1,5 km 1,5 km 300 m 1500 m hors des nuages hors des nuages vue sur le sol ou sur l’eau
Les minima de l’espace G. En haut, sa partie supérieure (300–600 m AGL) : visibilité 1,5 km ; au moins 1500 m à l’horizontale et 300 m à la verticale entre le parapente et le nuage. En bas, sa partie inférieure (0–300 m AGL) : même visibilité, vol hors des nuages, et vue sur le sol ou sur l’eau. Le pointillé sépare les deux parties.

Piège. La visibilité minimale est la même, 1,5 km, dans les deux parties de G ; ce qui change à 300 m AGL, ce sont les distances aux nuages et l’obligation de voir le sol ou l’eau, qui ne vaut que pour la partie inférieure (N°89). Dans la partie supérieure, les distances aux nuages sont déjà celles de E, 1500 m et 300 m ; la visibilité, elle, reste de 1,5 km, alors que E demande 5 km sous FL 100 (Flight Level, niveau de vol) et 8 km au-dessus.

Moyen mnémotechnique : dans G, 1,5 km partout ; sous 300 m, hors des nuages et le sol en vue.

L’espace E et son plafond

E commence où G s’arrête, à 600 m AGL. Son plafond dépend du côté de la ligne de séparation Jura-Plateau / Alpes et, au sud, des heures de vol militaire.

Région Plafond de E Niveau
Jura, Plateau 3050 m AMSL FL 100
Alpes, MIL ON (pendant les heures du service de vol militaire) 3950 m AMSL FL 130
Alpes, MIL OFF (hors des heures du service de vol militaire) 4550 m AMSL FL 150

Valeurs en atmosphère standard ; pour les Alpes, ce sont des valeurs « en général ».

  • Au nord de la ligne (Jura, Plateau), un seul plafond : 3050 m (N°90).
  • Au sud (Alpes), le plafond est de 3950 m pendant les heures de vol militaire, MIL ON (N°92), et monte à 4550 m en dehors, MIL OFF (N°93) (heures : fiche « Les heures de vol militaire »).
  • Au-dessus de E, c’est l’espace C.
0 1000 2000 3000 4000 5000 m MIL OFF Jura, Plateau Alpes 3050 m STD FL 100 4550 m STD FL 150 C C E E G 600 m AGL G 0 1000 2000 3000 4000 5000 m MIL ON Alpes Jura / Plateau : comme en MIL OFF 3950 m STD FL 130 C E G Pointillé dans G : 300 m AGL. Altitudes à l’échelle ; relief schématique, distances horizontales pas à l’échelle.
Les classes d’espace aérien en Suisse, en coupe, altitudes à l’échelle. En haut, hors des heures de vol militaire (MIL OFF) : au nord de la ligne de séparation (traitillé), E monte jusqu’à 3050 m STD (FL 100) ; au sud, sur les Alpes, jusqu’à 4550 m STD (FL 150). En bas, pendant les heures de vol militaire (MIL ON) : sur les Alpes, 3950 m STD (FL 130) ; au nord, rien ne change (en pâle). G suit le relief jusqu’à 600 m AGL, coupé à 300 m (pointillé), et passe au-dessus du plafond de E sur les hauts sommets. C est au-dessus de E.

Ces plafonds sont des niveaux de vol, donnés en mètres AMSL en atmosphère standard. Le jour du vol, on les corrige d’après le QNH (pression ramenée au niveau de la mer) : par haute pression le plafond monte, par basse pression il descend (fiche « Le plafond du jour : la correction du QNH »). De 1010 à 1019 hPa, le tableau de la carte ne corrige rien.

La ligne de séparation est tracée avec précision, en traitillé vert foncé, sur la carte de vol à voile ; elle figure aussi dans l’AIP (Aeronautical Information Publication, publication d’informations aéronautiques ; N°101). Un extrait de la carte la montre dans fiche « Passer sous une TMA ».

Moyen mnémotechnique : au nord, 3050 toujours ; au sud, 3950 quand les militaires volent, 4550 quand ils ne volent pas. En niveaux de vol : 100, 130, 150.

Piège. E commence à 600 m AGL, et son plafond est une altitude en mètres AMSL standard : « 1000 m AGL » ne correspond ni à l’un ni à l’autre. C’est aussi FL 100 multiplié par 10 au lieu de 30, et rapporté au sol (fiche « Du niveau de vol aux mètres »).

Les heures de vol militaire

MIL ON veut dire pendant les heures du service de vol militaire, MIL OFF en dehors.

En 2025, MIL ON, c’est du lundi au vendredi, jours fériés exceptés, de 7 h 30 à 12 h 05 puis de 13 h 15 à 17 h 05, en heure locale (LT) (N°32). L’heure locale vaut UTC (temps universel coordonné) + 1 h en hiver, UTC + 2 h en été. Ces heures peuvent changer d’une année à l’autre : pour un vol réel, ce sont celles de la carte de vol à voile en vigueur le jour du vol qui font foi.

  • Le samedi, le dimanche, les jours fériés et, en semaine, de 12 h 05 à 13 h 15, on est en MIL OFF.
  • Les horaires peuvent en théorie changer d’une année à l’autre : la carte de vol à voile en vigueur le jour du vol les donne précisément (N°104).
  • Des exceptions arrivent, des vols de nuit par exemple ; elles sont annoncées dans le NOTAM (Notice to Airmen, avis pour les utilisateurs de l’espace aérien) et le DABS (Daily Airspace Bulletin Switzerland, bulletin quotidien de l’espace aérien suisse).

Entre autres, ce qui change entre MIL ON et MIL OFF :

  • le plafond de E sur les Alpes, 3950 ou 4550 m AMSL standard (fiche « L’espace E et son plafond ») ;
  • autour des pistes d’un aérodrome exclusivement militaire, sans CTR ou quand la CTR est inactive, la distance de 5 km, jusqu’à 600 m de hauteur, qui ne s’applique que pendant les heures de vol militaire (N°40 ; fiche « Distances aux aérodromes ») ;
  • l’activité de certaines LS-R (zone réglementée) pour vol à voile : la mention MO réserve la zone au MIL OFF, mais elle peut ne viser que le plafond qu’elle accompagne : la LSR24 et la LSR54, dont le second plafond, 3950 m, n’a pas de mention, restent actives en MIL ON jusqu’à 3950 m ; la mention MA laisse la zone toujours active en MIL OFF et activable sur demande en MIL ON (N°34 ; fiche « La LS-R verte, pour le vol à voile »).

Piège. Les horaires sont en heure locale, pas en UTC : 7 h 30 LT, c’est 6 h 30 UTC en hiver et 5 h 30 UTC en été. Et le matin, MIL ON commence à 7 h 30, pas à 7 h 15.

Moyen mnémotechnique : 7 h 30 – 12 h 05, 13 h 15 – 17 h 05, heure locale ; les deux blocs finissent à « 05 ».

Pièges entre questions voisines

  • N°85, N°86 et N°87 : les deux premières attendent E et G, les classes libres ; la troisième, C et D, les classes à autorisation et radio. Leurs propositions fausses mêlent une classe libre et une classe à autorisation, citent F, absente de Suisse, ou donnent la paire opposée : C et D dans N°86, E et G dans N°87.
  • N°90, N°92 et N°93 ont les mêmes quatre propositions : la région et l’heure choisissent le plafond de E.
  • 600 ou 300 m AGL ? 600 m AGL est le haut de G (N°88) ; 300 m AGL, la limite entre ses deux parties (N°89).
  • 7 ou 4 ? L’OACI a défini 7 classes (N°82) ; la Suisse en utilise 4 (N°83), C, D, E et G (N°84).
  • Les heures MIL ON (N°32) : heure locale, et début à 7 h 30.