Législation · Théorie
Sources d’information
Les quatre sources d’information sur l’espace aérien, ce que chacune apporte, et comment les lire sur l’exemple d’un jour de vol.
Quatre sources d’information
Pour savoir comment l’espace aérien suisse est découpé, et ce qui y change pour un jour ou pour de bon, il existe quatre sources. Ce qui les distingue d’abord, c’est leur rythme :
| Source | Nature | Mise à jour |
|---|---|---|
| GLDC (Glider Chart, carte de vol à voile) | carte | chaque année |
| AIP (Aeronautical Information Publication, publication d’informations aéronautiques) | manuel | env. chaque mois |
| NOTAM (Notice to Airmen, avis pour les utilisateurs de l’espace aérien) | résumé | chaque jour |
| DABS (Daily Airspace Bulletin Switzerland, bulletin quotidien de l’espace aérien suisse) | état du jour | 4 fois par 24 h |
Moyen mnémotechnique : du plus lent au plus rapide, la carte (chaque année), l’AIP (chaque mois), le NOTAM (chaque jour), le DABS (plusieurs fois par jour).
Ce qui est fixe se lit sur la carte ; ce qui change, dans le NOTAM et le DABS. L’horaire habituel du vol militaire est imprimé sur la carte, ses exceptions sont annoncées dans le NOTAM et le DABS. Les zones de vol à voile figurent sur la carte, avec leur période d’activité (N°94) ; une zone réglementée ouverte pour un seul événement, un meeting aérien par exemple, est indiquée dans le DABS.
Pour la préparation d’un vol, voir aussi fiche « Les documents de l’espace aérien ».
Les sigles
| Sigle | Sens |
|---|---|
| GLDC | carte de vol à voile |
| AIP | publication d’informations aéronautiques |
| NOTAM | avis pour les utilisateurs de l’espace aérien |
| DABS | Daily Airspace Bulletin Switzerland |
- GLDC : GLD vient de l’anglais glider, le planeur.
- AIP : c’est aussi un manuel aéronautique suisse.
- NOTAM : un sigle anglais, rendu en français par « avis pour les utilisateurs de l’espace aérien ».
- DABS : le bulletin quotidien de l’espace aérien suisse, en anglais.
Piège de vocabulaire. Dans les questions, l’AIP a deux noms : « manuel aéronautique suisse » (N°54) et « publication d’informations aéronautiques » (proposition fausse de N°56, N°58 et N°60). Les deux désignent l’AIP : ni l’un ni l’autre ne désigne la carte, le NOTAM ou le DABS. De même, « avis aux utilisateurs… » n’est qu’une variante du nom du NOTAM.
Piège. Le « bureau de coordination pour les tirs » ne fait pas partie des quatre sources : dans N°54, N°56 et N°58, cette proposition est toujours fausse.
La carte de vol à voile (GLDC)
C’est une carte topographique de la Suisse, sur laquelle on a reporté tout ce qui structure l’espace aérien (N°57).
- Dessiné : jusqu’où s’étend chaque catégorie d’espace aérien ; les obstacles aériens ; les zones dangereuses (LS-D), les zones réglementées (LS-R) et, parmi elles, les zones de vol à voile.
- Écrit : les horaires du service de vol militaire.
- La ligne de séparation Jura-Plateau / Alpes y est tracée avec précision, en traitillé vert foncé ; l’AIP la donne aussi. C’est elle qui fixe le plafond de l’espace E, différent au nord et au sud (fiche « L’espace E et son plafond »).
Les horaires militaires. Leur version habituelle est indiquée avec précision sur la carte papier en vigueur le jour du vol ; en théorie, ils peuvent changer d’une année à l’autre (N°104). Les exceptions, des vols de nuit par exemple, passent par le NOTAM et le DABS. Les horaires de 2025 : fiche « Les heures de vol militaire ».
Les LS-R for Gliders, les zones de vol à voile, sont les LS-R vertes de la carte (fiche « La LS-R verte, pour le vol à voile »). Elles sont actives du 1er mars au 31 octobre, du lever au coucher du soleil. Deux mentions, écrites sur une limite supérieure, font exception :
- « MO » : la zone n’est alors active qu’en MIL OFF, hors des heures de vol militaire. Mais MO peut ne viser qu’un des plafonds : la LSR24 porte « 4550 MO » au-dessus de « 3950 », et en MIL ON elle reste active, jusqu’à 3950 m.
- « MA » : la zone est toujours active en MIL OFF ; pendant les heures de vol militaire, on peut la faire activer sur demande, auprès du centre de contrôle aérien de Locarno. L’information passe par un répondeur ; pour ces zones MA, voir aussi le manuel VFR (Visual Flight Rules, règles de vol à vue).
Pour les zones de vol à voile, la réponse attendue est la carte, complétée par le VFR-Manual (N°94).
Seules les LS-R régulières sont imprimées : la carte ne montre que celles qui servent souvent, en général plus de 25 jours par an.
Une édition par an. La carte est rééditée chaque année, au printemps (en mars) ; seule celle qui est en vigueur au moment du vol fait foi, même si certains obstacles récents peuvent y manquer. Au 1:300 000, elle est vendue avec le recueil VFR de l’AIP ; pour préparer un vol, c’est sans doute le plus utile des documents à disposition.

L’AIP
L’AIP réunit des informations générales, faites pour durer, dont ceux qui utilisent l’espace aérien suisse ont besoin pour la sécurité de la navigation aérienne. Il est mis à jour en moyenne une fois par mois (N°55). On y trouve aussi la ligne de séparation Jura-Plateau / Alpes et, dans son recueil VFR, les fréquences radio à utiliser.
Le NOTAM et le DABS
Ce qui change d’un jour à l’autre se trouve dans le NOTAM ou le DABS : les dates d’activation des CTR (Control Zone, zone de contrôle) et TMA (Terminal Manoeuvring Area, région de contrôle terminal) temporaires, les dates et heures d’activité des zones dangereuses (LS-D), et les exceptions à l’horaire militaire.
Le NOTAM
Le NOTAM résume, jour après jour, tout ce qui est publié pour le vol à vue : il précise par exemple quand les CTR et TMA temporaires sont actives (N°59). Pour le détail, sa consultation est indispensable.
Le DABS
Le DABS donne l’état actuel de l’espace aérien suisse. C’est une publication aéronautique officielle, mise à jour 4 fois par 24 h (N°60). On y lit les dangers et les restrictions du jour, activations des CTR et TMA temporaires comprises (N°61) ; en plus du texte du NOTAM, il les représente sur une carte.
- Avant chaque vol, en règle générale, tout pilote doit consulter la version du moment.
- Comment il évolue. La première version d’une journée paraît la veille à 16 h, heure locale, avec les restrictions les plus limitatives. Les versions de 9 h, 13 h et 16 h retirent ensuite celles qui ne servent plus. Un renforcement à court terme est très rare ; mais un événement imprévu, un accident grave ou une catastrophe, peut faire ajouter une LS-R en cours de journée.
- Son tableau. À côté de sa carte, le DABS donne pour chaque zone sa validité en UTC (temps universel coordonné), ses limites et le texte du NOTAM ; un « ! » marque ce qui est nouveau ou a changé depuis la version précédente.
- Lire la carte avec le DABS. Une LS-R ou une LS-D encadrée en rouge sur la carte, que le DABS du jour ne mentionne pas, est inactive. Une LS-R ouverte pour un seul événement est indiquée dans le DABS. Les mentions HX (sans horaire fixe, activable à tout moment) et TEMPO (temporaire) des CTR et TMA : fiche « Activation : HX, TEMPO, DABS ».
Piège. Le NOTAM et le DABS annoncent tous deux l’activation des CTR et TMA temporaires. À l’examen, le NOTAM est le résumé journalier du vol à vue (N°59) ; le DABS, l’état actuel de l’espace aérien, avec ses dangers, ses restrictions et sa carte (N°60, N°61).
Un exemple : le 6 octobre 2026
Pourquoi consulter le DABS avant chaque vol ? Voici celui d’une journée réelle.


Ce que montre le DABS : ce jour-là, la LSR7 Hongrin, une LS-R (zone réglementée) rouge, est active à cause de tirs (« FRNG »), de 5 h 30 à 21 h UTC, du sol à 4700 m. La carte la dessine ; le tableau donne ses heures, ses limites et le texte de son NOTAM, avec un « ! » parce qu’elle est nouvelle ou a changé depuis la version précédente. La LSR7 est imprimée sur la carte de vol à voile ; ce que la carte ne dit pas, c’est si elle est active ce jour-là. Une LS-R rouge active est interdite (fiche « Zones réglementées, dangereuses, interdites ») ; si le DABS du jour ne la mentionnait pas, elle serait inactive.
Pièges entre questions voisines
- Sigle ou contenu ? N°54, N°56, N°58 et N°60 demandent le sens d’un sigle ; N°55, N°57, N°59 et N°61, le contenu d’une source. Dans chaque série, les propositions se ressemblent : les fausses sont surtout les bonnes réponses des questions voisines.
- Journalier ou hebdomadaire ? Le NOTAM est un résumé journalier (N°59). Le « résumé hebdomadaire » des autres questions n’a le rythme d’aucune des quatre sources.
- Le bulletin quotidien des tirs militaires revient comme leurre dans N°55, N°57 et N°59. Il tente surtout dans N°59 : le NOTAM paraît bien chaque jour, et l’activité des zones dangereuses, dont les zones de tirs, s’y trouve. Mais le NOTAM couvre tout ce qui est publié pour le vol à vue, pas seulement les tirs.
- Horaire habituel ou exception ? L’horaire standard du vol militaire est sur la carte (N°104) ; ses exceptions, dans le NOTAM et le DABS.
- Les mêmes sources en pratique de vol : la carte pour les classes d’espace (Pratique de vol N°14) et pour la ligne de séparation Jura-Plateau / Alpes (Pratique de vol N°15, N°101) ; le NOTAM ou le DABS pour ce qui est actif ce jour-là (Pratique de vol N°16).