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Abréviations et altitudes

Qui fait les règles de l’air, vol aux instruments ou à vue, hauteur, altitude et niveau de vol, et le calcul du plafond du jour.

Qui fait les règles : OFAC et OACI

Deux sigles d’organismes reviennent dans les questions :

Sigle Nom Niveau
OFAC Office fédéral de l’aviation civile suisse
OACI Organisation de l’aviation civile internationale mondial
  • L’OFAC est l’office auquel le Conseil fédéral a confié la tutelle directe de l’aviation civile. Il dépend d’un département fédéral, le DETEC (Département fédéral de l’environnement, des transports, de l’énergie et de la communication), et il a élaboré l’ordonnance qui régit le vol libre en Suisse, l’OACS (ordonnance sur les aéronefs de catégories spéciales ; N°2).
  • L’OACI a défini, sur le plan juridique, 7 classes d’espace aérien, notées de A à G ; la Suisse n’en utilise que 4 (N°82).

Moyen mnémotechnique : le F de l’OFAC est celui de fédéral, le I de l’OACI celui d’internationale.

Piège de sigle. On lit aussi ICAO (International Civil Aviation Organization) pour l’OACI : l’atmosphère standard ICAO des fiches de météo (fiche « L’atmosphère standard ICAO ») est celle de l’OACI.

IFR et VFR : instruments ou vue

Les deux sigles finissent par Flight Rules : ce sont des règles de vol, pas des régions.

Sigle En anglais En français Pour qui
IFR Instrument Flight Rules vol aux instruments aéronefs équipés et homologués
VFR Visual Flight Rules vol à vue tout vol à vue
  • IFR. Seuls les aéronefs équipés et homologués pour voler sans visibilité y ont accès ; les planeurs de pente ne sont pas concernés. Par exemple, les contrôleurs placent des avions de ligne volant aux instruments au FL 180 (Flight Level, niveau de vol) ou au FL 200.
  • VFR. Priorités entre planeurs, visibilité minimale, distance aux nuages, entre autres : les VFR règlent tout vol à vue, quel que soit l’aéronef.
  • Le planeur de pente vole exclusivement selon les VFR. Le vol VFR est donc le seul qui lui soit permis.

Moyen mnémotechnique : I comme instruments, V comme vue ; le R, toujours « rules », des règles.

Piège. La proposition « réservés aux aéronefs disposant de l’équipement nécessaire » est juste pour les IFR (N°64) et fausse pour les VFR (N°65). Un planeur de pente muni d’une boussole, d’un altimètre et d’une radio ne passe pas pour autant aux IFR : elles ne le concernent pas.

Sol, hauteur, altitude, niveau de vol

Quatre sigles, quatre façons de situer un aéronef en hauteur. Ce qui les distingue, c’est la référence : le sol, la mer ou une pression fixée.

Sigle En anglais Sens Zéro
GND ground le sol lui-même —
AGL above ground level hauteur au-dessus du sol le sol
AMSL above mean sea level altitude au-dessus de la mer la mer
FL flight level niveau de vol 1013,25 hPa
  • GND désigne le sol pris comme limite, par exemple le bas de l’espace G ou celui d’un espace D qui descend jusqu’au sol dans une CTR (Control Zone, zone de contrôle). À ne pas confondre avec AGL.
  • AGL, la hauteur entre le sol et le parapente, change sans arrêt en vol avec le relief : lacs, collines, montagnes. C’est elle qui dit si l’on est dans l’espace G, de 0 à 300 m AGL pour sa partie basse et de 300 à 600 m AGL pour sa partie haute.
  • AMSL est l’altitude des cartes topographiques. Pour la lire en vol, on règle l’altimètre sur le QNH, c’est-à-dire la pression du jour ramenée au niveau de la mer : avant le décollage, il affiche alors l’altitude du terrain au-dessus de la mer (fiche « Le QNH »).
  • FL : tous les aéronefs qui volent en niveaux de vol règlent leur altimètre sur une même pression de référence, 1013,25 hPa, celle de l’atmosphère standard (fiche « L’atmosphère standard ICAO »). Deux avions partis de lieux où la pression n’est pas la même lisent ainsi leur hauteur sur la même échelle, et les contrôleurs peuvent les séparer. Ces valeurs ne donnent pas une altitude réelle fixe, d’où le mot « niveau » plutôt qu’« altitude ».

Moyen mnémotechnique : GND = le sol tout court ; AGL, G comme ground, on part du sol ; AMSL, SL comme sea level, on part de la mer.

Piège de vocabulaire. On lit « hauteur sol » pour AGL, le mot « altitude » étant gardé pour AMSL, mais on lit aussi « l’altitude AGL ». Les réponses de l’examen disent « altitude au-dessus du niveau du sol » pour AGL. Ce qui compte, c’est la référence : le sol ou la mer.

La figure place chaque référence :

niveau moyen de la mer surface 1013,25 hPa AGL 1350 m AMSL 2100 m FL GND : le sol AGL : depuis le sol ; AMSL : depuis la mer (QNH) ; FL : depuis la surface 1013,25 hPa. Hauteur de la surface 1013,25 hPa exagérée.
Quatre références de hauteur. GND, le sol lui-même. AGL, la hauteur au-dessus du sol. AMSL, l’altitude au-dessus du niveau moyen de la mer, lue avec le QNH. FL, le niveau de vol, compté depuis la surface où la pression vaut 1013,25 hPa ; ici, un jour de haute pression, cette surface est au-dessus de la mer (écart exagéré).

La carte de vol à voile écrit ces trois sortes de valeurs de trois façons :

  • niveau de vol, donné en mètres AMSL standard : en italique, surligné ;
  • altitude AMSL : en italique simple ;
  • hauteur sol : en écriture droite, suivie de « AGL ».
3950 : altitude AMSL standard 2050 : altitude AMSL, au QNH or : « ou » 300 AGL : hauteur au-dessus du sol D : la classe de l’espace aérien © swisstopo / OFAC Carte de vol à voile, 35e édition
Un cartouche de la carte de vol à voile, et ce que dit chaque écriture. D, en blanc sur bleu : la classe de l’espace aérien. 3950, chiffres clairs en italique sur fond bleu : la limite supérieure, une altitude AMSL en atmosphère standard. 2050, en italique bleu sur le fond de la carte : une altitude AMSL, lue au QNH. « or » : ou. 300 AGL, en écriture droite : une hauteur au-dessus du sol. © swisstopo / OFAC.

Du niveau de vol aux mètres

Le nombre qui suit FL compte des centaines de pieds. Pour avoir des mètres, on le multiplie par 30. Les valeurs à retenir, en mètres AMSL en atmosphère standard :

Niveau Mètres AMSL Où on le rencontre
FL 30 env. 900 —
FL 100 env. 3050 haut de l’espace E, Jura et Plateau
FL 130 env. 3950 en général haut de l’espace E, Alpes, vols militaires
FL 150 env. 4550 en général haut de l’espace E, Alpes, sans vols militaires
FL 195 env. 5950 haut des couloirs aériens (AWY : Airway, voie aérienne)

Pour l’espace E, voir N°90, N°92 et N°93.

La multiplication par 30 est un arrondi : pour FL 100, elle donne 3000 m, mais la valeur retenue est environ 3050 m. Pour l’examen, ce sont les valeurs du tableau qui comptent.

Moyen mnémotechnique : FL × 30 ≈ mètres. Et le trio de l’espace E : 100, 130, 150 donnent 3050, 3950, 4550.

Piège. Deux erreurs reviennent dans les propositions. Multiplier par 10 au lieu de 30 : FL 100 deviendrait 1000 m, FL 150 1500 m, FL 195 1950 m. Et changer de référence : un niveau de vol se rapporte à la pression de 1013,25 hPa et se traduit en mètres au-dessus de la mer, jamais en hauteur au-dessus du sol, qui change avec le relief.

Pourquoi un niveau de vol n’est-il pas une altitude fixe ? L’altimètre mesure une pression et la traduit en mètres ou en pieds. Un aéronef qui garde la même indication, altimètre réglé sur 1013,25 hPa, suit donc une même pression. La figure montre ces niveaux au-dessus des Alpes :

0 niveau de la mer 2000 3000 4000 5000 m FL 140 595 hPa FL 150 572 hPa FL 160 549 hPa FL 170 527 hPa FL 180 506 hPa Zurich Milan Amber 9 FL 140 = 14 000 ft, environ 4270 m en atmosphère standard.
Des niveaux de vol au-dessus des Alpes, de Zurich à Milan, le long de la voie aérienne Amber 9. À gauche, le nom de chaque niveau (FL 140 à FL 180) ; à droite, sa pression (595 à 506 hPa). Un avion qui garde son niveau suit une même pression, et les traits descendent vers Milan : un niveau de vol n’est pas une hauteur fixe au-dessus de la mer.

Le plafond du jour : la correction du QNH

Les plafonds surlignés sur la carte de vol à voile sont des niveaux de vol, donnés en mètres AMSL en atmosphère standard. Dans le Jura, au nord de la ligne de séparation Jura-Plateau / Alpes, l’espace E s’arrête à 3050 m AMSL standard, soit FL 100 (la ligne : fiche « Passer sous une TMA »). Pour savoir où se trouve ce plafond le jour du vol, deux étapes :

  1. obtenir le QNH du jour près du lieu de vol ;
  2. ajouter ou retrancher la correction que donne le tableau de la carte.
Haute pression Basse pression QNH régional (hPa) on ajoute > 1037 +200 m 1032–1036 +150 m 1026–1031 +100 m 1020–1025 +50 m 1010–1019 0 QNH régional (hPa) on ajoute 1010–1019 0 1005–1009 −50 m 1000–1004 −100 m 994–999 −150 m < 993 −200 m Exemples, plafond de E dans le Jura : 1035 hPa : 3050 + 150 = 3200 m 1005 hPa : 3050 − 50 = 3000 m Les lignes surlignées servent aux exemples.
Le tableau de correction de la carte de vol à voile, en deux parties. À gauche de chacune, le QNH régional en hPa ; à droite, ce qu’on ajoute au plafond surligné (un niveau de vol) pour avoir le plafond du jour. Par haute pression, on ajoute ; par basse pression, on retranche. Dessous, les deux exemples du Jura : QNH 1035 hPa, 3200 m ; QNH 1005 hPa, 3000 m.

Par haute pression, le plafond monte ; par basse pression, il descend. Pourquoi ? Au même endroit, quand la pression passe de 1000 à 1025 hPa, un altimètre qu’on n’a pas réglé à nouveau affiche environ 200 m de moins : réglé sur une pression plus basse que celle du jour, il indique trop bas. Or un avion au niveau de vol garde son altimètre sur 1013,25 hPa. Un jour de QNH à 1035 hPa, quand son altimètre marque 3050 m, il est donc plus haut que 3050 m au-dessus de la mer.

QNH Correction Plafond E, Jura Question
1005 hPa −50 m 3000 m AMSL : un peu moins N°172
1013,2 hPa 0 3050 m AMSL N°90
1035 hPa +150 m 3200 m AMSL : un peu plus N°171
1037 hPa +200 m 3250 m AMSL N°177, signalée

À confirmer. La ligne 1037 hPa ne vient que de la réponse officielle de N°177 (signalée). Le tableau de la carte, reproduit par Oberson & Vallotton (Législation, p. 11), donne +150 m pour « 1032-1036 » et +200 m pour « >1037 » : lu à la lettre, 1037 hPa n’entre dans aucune ligne, et aucune source ne tranche ce cas limite.

Moyen mnémotechnique : pression haute, plafond haut. Inutile d’apprendre le tableau par cœur : il suffit de savoir dans quel sens va la correction.

Le même plafond du Jura, trois jours différents :

QNH 1035 hPa : 3200 m QNH 1013 hPa : 3050 m QNH 1005 hPa : 3000 m 3000 3100 3200 m Plafond de E (FL 100) dans le Jura mer, 0 m : fixe Jura 0 1000 Le sol et la mer ne bougent pas : c’est le FL 100 qui monte ou descend avec le QNH. Valeurs : tableau de la carte.
Le plafond de l’espace E dans le Jura, trois jours différents, au-dessus du même relief. La carte donne FL 100, 3050 m en atmosphère standard. Avec un QNH de 1035 hPa, ce niveau est à 3200 m ; à 1013 hPa, à 3050 m ; à 1005 hPa, à 3000 m. Le sol et la mer ne bougent pas : c’est le niveau de vol qui monte ou descend.

Savoir utiliser le tableau reste pourtant nécessaire, même si le cas se présente rarement. Rarement, parce que monter haut en thermique demande du soleil, donc du beau temps et une haute pression, qui relève le plafond : la plupart du temps, rester sous le plafond de la carte suffit alors pour ne pas sortir des espaces permis. Mais un jour peut faire exception.

Piège. « Précisément 3050 m », c’est le plafond du Jura en atmosphère standard (N°90) ; le tableau ne laisse la valeur inchangée que de 1010 à 1019 hPa. « Précisément 3950 m » est en général la limite de l’espace E sur les Alpes pendant les heures de vol militaire, en atmosphère standard (N°92) : pas celle du Jura.

Pièges entre questions voisines

  • OACI ou OFAC ? N°52 et N°53 ont les mêmes quatre propositions. International : OACI ; fédéral : OFAC.
  • IFR ou VFR ? N°62 et N°63 : le R est toujours celui de rules. N°64 et N°65 partagent la proposition sur l’équipement : juste pour les IFR, fausse pour les VFR.
  • GND, AMSL, AGL, FL : N°67 à N°70 ont les mêmes quatre propositions. Chaque question demande l’un des sigles ; les trois autres réponses sont les sens des trois autres sigles.
  • Les niveaux de vol : dans N°71 à N°74, une proposition donne toujours la valeur d’un autre niveau.
  • Le plafond du Jura : N°171 et N°172 ont les mêmes propositions ; seul le QNH change, et avec lui le sens de la correction.