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Biplace · Théorie

Vols à ski

Décoller et atterrir à ski avec un passager : le terrain, le vent, la course, les fixations, les pistes et les câbles.

Voler à ski : ce qu’on en sait

Les règles du décollage et de l’atterrissage à pied sont dans fiche « Trois phases, une décision » et fiche « Ce que l’examen demande ». Cette fiche dit ce qui change à ski, et ce qu’il ne faut pas reporter de la règle à pied.

Moment À pied À ski
Vent au départ de face, modéré nul
Accélération en courant plus douce
Se replacer en courant plus difficile
Passager s’assoit trop tôt se penche en arrière, finit assis
Vitesse au poser lente, plus facile sans importance
Vent au poser l’aile peut traîner chute, en général

À pied : Pratique de vol N°21, Pratique de vol N°120, N°76, N°107. À ski : N°78, N°80, N°79, N°110.

Moyen mnémotechnique : à ski, pas de vent, le passager qui part en arrière, et des suspentes loin des fixations. (N°78, N°79, N°81 ; N°111, signalée.)

Le terrain

Le terrain idéal part à plat, puis s’incline de plus en plus jusqu’à l’envol (N°70), et ce n’est jamais une piste de ski (fiche « Pistes et câbles »). C’est aussi le profil idéal du décollage à pied, avec une première partie peu inclinée :

  • au début, avant la ligne de décision, une pente faible : c’est là qu’on interrompt si l’aile n’est pas prête ;
  • ensuite, jusqu’à la ligne de vie, une pente de plus en plus forte, qui aide à prendre de la vitesse et à quitter le sol.

Le critère qui passe avant tous les autres reste de pouvoir interrompre à tout moment sans danger (Pratique de vol N°20 ; N°71). Les deux lignes et leur figure sont dans fiche « Le terrain » ; quand et comment interrompre, dans fiche « Interrompre ».

Piège. Une pente qui s’aplatit vers le bas « pour pouvoir s’arrêter » inverse le profil. On s’arrête au début, avant la ligne de décision ; plus loin, on ne s’arrête plus, on décolle, et c’est là que la pente doit se raidir. À pied, qui s’assied trop tôt retouche le sol, surtout sur un terrain peu incliné.

Piège. On lit aussi une pente « peu inclinée » au départ, là où N°70 dit « plat » : même idée, une première partie où l’on peut encore s’arrêter. Ce n’est pas « le plus plat possible », qu’écarte N°71 : ici, la pente augmente ensuite jusqu’à l’envol.

Le vent au décollage

Pour décoller à ski avec un passager, le mieux est le vent nul (N°78).

Pour lire les propositions : un vent porte le nom de la direction d’où il vient, et l’on passe des nœuds aux km/h en doublant, puis en retirant environ un dixième (Météo N°79). Sur la rose des vents, 360° est le nord, 090° l’est, 180° le sud (fiche « Direction et force du vent »). Un décollage orienté sud fait face au sud (N°72 ; fiche « Lire le vent ») ; sur un versant orienté nord, on décolle donc face au nord : un vent de 360° arrive de face, un vent de 180° de dos, un vent de 090° de côté.

Piège. À pied, un vent de face modéré, de l’ordre de 15 km/h, est idéal : course courte et lente. Par vent nul, la course est longue et rapide (Pratique de vol N°21, Pratique de vol N°22). À ski, le mieux est pourtant le vent nul (N°78) : ne pas reporter la règle du décollage à pied sur le décollage à ski.

Par vent de dos, on renonce avec un passager : à pied pour N°77, sans préciser pied ou ski pour N°89 (fiche « De face, de dos »). Le vent de dos est donc à exclure à ski aussi.

Le décollage

Accélérer, se replacer sous l’aile

Après le gonflage, à ski, on peut accélérer plus doucement, mais on a plus de mal à se replacer sous l’aile (N°80).

Se replacer sous l’aile, à pied : quand l’aile monte un peu de travers, le pilote la contre avec le frein du côté opposé, et se déplace sur le côté pendant sa course, jusqu’à revenir sous elle. Cette correction peut se faire pendant la phase de contrôle, voire dès la fin de la levée ; chaque phase ne dure que 1 à 3 secondes environ.

Le passager

À ski, il faut toujours compter avec un passager qui se penche en arrière, jusqu’à finir assis (N°79). À pied, il a le même réflexe : s’asseoir dès qu’il sent les élévateurs tirer (N°76 ; fiche « Le passager pendant la course »).

Pourquoi c’est gênant : pendant la levée de l’aile, les suspentes tirent vers l’arrière, et le pilote seul, à pied, penche le corps en avant pour compenser ; et qui s’assied trop tôt retouche le sol, surtout si la pente est faible. Un passager qui ne se penche pas en avant contre cette traction est tiré en arrière.

L’un derrière l’autre

À ski, rester l’un derrière l’autre au décollage, en vol et à l’atterrissage peut être un avantage (N°82). En vol, c’est de toute façon la position du biplace : le passager est devant le pilote, et c’est pourquoi les constructeurs équipent surtout les biplaces de trims plutôt que d’un accélérateur au pied. Parmi les techniques de décollage, le cours d’encadrement du passager traite du départ dos à la voile, l’un derrière l’autre ou décalés.

Skis et fixations

  • Les suspentes. Pendant un vol biplace à ski, aucune suspente ne doit s’accrocher aux chaussures de ski ou aux fixations (N°81). Le principe est celui du contrôle en 5 points : suspentes démêlées ; en biplace, aucun appareil photo pris dans les suspentes (N°66), aucune suspente prise dans une perche (N°67). Voir fiche « Le contrôle en 5 points, en biplace ».
  • La longueur des skis. De très petits skis rendent le décollage et l’atterrissage instables, accélèrent mal et sont dangereux dans la neige profonde (N°83). Des skis « aussi courts que possible » ne sont donc pas un avantage.

L’atterrissage à ski

À retenir :

  • la vitesse au moment du poser ne compte pas ; un vent assez fort, en revanche, fait en général tomber pilote et passager une fois posés (N°110) ;
  • le passager risque de basculer en arrière, ou de perdre l’équilibre (N°111, signalée).

À confirmer. Aucun de nos documents ne décrit le comportement du passager à l’atterrissage à ski ; seules des réponses officielles voisines disent des choses proches (décollage à ski, N°79 ; atterrissage à pied, N°109). N°111 est donc signalée.

Pour le vent : après un atterrissage par vent fort, l’aile peut traîner pilote et passager au sol (N°107, sans préciser pied ou ski). Par 25 km/h, le pilote seul pivote de 180° et tire à fond les suspentes B ou C, sinon les freins, pour que l’aile cesse de voler (Pratique de vol N°129) ; avec un passager, on tire les élévateurs arrière (N°108 ; fiche « Vent fort : arrêter l’aile »).

Piège. À pied, l’arrondi lent du vent de face est plus facile (Pratique de vol N°120 ; fiche « La finale et l’arrondi »). À ski, la vitesse au poser n’a pas d’importance (N°110) : ne pas reporter la règle à pied sur l’atterrissage à ski.

Piège. Au décollage comme à l’atterrissage à ski, le passager part en arrière (N°79 ; N°111, signalée) : les propositions où il bascule en avant sont fausses dans les deux questions.

Pistes et câbles

Un parapente biplace est un planeur de pente : l’OACS (ordonnance sur les aéronefs de catégories spéciales) désigne ainsi les appareils qui se prêtent au départ au pas de course, parapentes compris (Législation N°4, signalée ; fiche « Priorités : le biplace n’en a aucune de plus »). Pour eux, trois règles :

  • décoller et atterrir sur les pistes de ski est interdit, comme sur les voies publiques ;
  • pistes de ski, lignes électriques et autres câbles aériens, installations de transport public : on les survole ou on les contourne à une distance qui garantit la sécurité, sans hauteur minimale fixée (Législation N°35) ;
  • décollages et atterrissages peuvent être réglementés, voire interdits, par les propriétaires de terrains, les communes, les cantons ou la Confédération (Législation N°31).