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Pratique de vol · Théorie

Préparation du vol

Préparer son vol : l’écart de pression entre nord et sud, les documents de l’espace aérien, un nouveau site et la faune à respecter.

Préparer son vol

Quatre domaines à passer en revue, la veille ou le matin, surtout pour un site inconnu. Pour chacun, ce qu’on cherche et où :

Domaine On cherche Où
météo le vent, l’écart nord-sud bulletins, internet
espace aérien zones, activations carte, NOTAM (Notice to Airmen, avis pour les utilisateurs de l’espace aérien), DABS (Daily Airspace Bulletin Switzerland, bulletin quotidien de l’espace aérien suisse)
site obstacles, dangers visite, cartes
faune zones, règles accords des clubs
Météo À retenir
danger n° 1 vent fort et turbulences, surtout dans les Alpes
temps calme situation anticyclonique : peu d’écarts de pression, vent faible en altitude
où s’informer internet, à trier ; aussi journaux, radio, télévision, MétéoSuisse

La situation anticyclonique : fiche « Anticyclone et marais barométrique ».

En biplace, la directive d’examen précise ce qu’il faut juger en préparant le vol : voir fiche « Avant de partir », puis le contrôle en 5 points, fiche « Le contrôle en 5 points, en biplace ».

L’écart de pression nord-sud

Le QNH

Comparer deux pressions n’a de sens qu’à la même altitude. Le lieu le plus élevé a toujours la pression la plus basse. On calcule donc chaque pression pour une altitude commune, le plus souvent celle de la mer, d’après l’atmosphère type de l’OACI (Organisation de l’aviation civile internationale) : c’est le QNH. Autrement dit, c’est la pression du jour, ramenée au niveau de la mer (fiche « La pression au niveau de la mer »).

Un exemple, Zurich-Kloten :

Zurich-Kloten Valeur
altitude env. 500 m
pression sur place env. 950 hPa en moyenne
QNH annoncé 1015 hPa

Le QNH ne décrit donc pas la pression qui règne à Zurich : ici, il dépasse d’environ 65 hPa sa valeur moyenne. Il sert aussi à régler l’altimètre, qui affiche alors l’altitude au-dessus de la mer (fiche « L’altimètre »).

Piège. Le QNH n’est pas la pression standard. La pression de l’atmosphère standard OACI est une valeur fixée une fois pour toutes, 1013,25 hPa au niveau de la mer, pour régler les altimètres de la même façon (fiche « L’atmosphère standard ICAO »). La pression ramenée au niveau de la mer, elle, change d’un lieu à l’autre et d’un moment à l’autre.

Zurich contre Lugano

L’écart entre le nord et le sud des Alpes donne une idée simple de la répartition de la pression. On relève la pression au même moment dans deux villes de référence, de part et d’autre des Alpes, puis on la ramène au QNH : Zurich (vers 500 m) au nord, Lugano (vers 270 m) au sud. L’air va de la haute vers la basse pression, d’autant plus vite que l’écart est grand.

Le QNH le plus haut décide de la situation (N°11, N°12) :

QNH le plus haut Courant Nuages Foehn
Zurich du nord côté nord au sud
Lugano du sud côté sud au nord

Avec le courant du nord, on a aussi un beau temps venteux et turbulent au sud, et des vents de vallée renforcés au nord des Alpes, en Valais par exemple. Le détail des deux foehns est dans fiche « L’effet foehn ».

Le seuil : 4 hPa. Dès 4 hPa d’écart, on peut déjà prévoir du foehn dans les vallées alpines (N°13). On lit aussi « plus de 5 hPa » pour décrire les deux foehns ; les deux chiffres ne se contredisent pas (fiche « L’écart de pression entre Zurich et Lugano »). Le plus utile est de prévoir cet écart : les modèles de simulation, notamment le modèle suisse, le donnent assez précisément ; on peut aussi le mesurer.

Coupe nord-sud des Alpes niveau de la mer : QNH Z Zurich, ≈ 500 m L Lugano, ≈ 270 m N S Écart nord − sud (exemple) −15 −10 −5 0 +5 +10 +15 Mer Jeu Ven Sam hPa +4 : foehn du nord −4 : foehn du sud S N S trait plein : mesures ; tirets : prévision calculée S, N : périodes de surpression sud, nord bleu : foehn du nord ; rouge : foehn du sud (rouge hors de son sens « problème » : demandé) Le QNH le plus haut donne le courant : il pousse les nuages de son côté, le foehn souffle de l’autre relief : hauteurs agrandies, pas à l’échelle
En haut : une coupe nord-sud des Alpes ; Zurich (Z, vers 500 m) et Lugano (L, vers 270 m) ramènent leur pression au niveau de la mer, le QNH. En bas : un exemple d’écart nord moins sud, en hPa, du mercredi au samedi ; mesures en trait plein, prévision en tirets. En bleu, la pression est plus haute au nord : foehn du nord ; en rouge, plus haute au sud : foehn du sud. Dès 4 hPa d’écart, du foehn est possible. S et N : périodes de surpression sud et nord. Hauteurs du relief agrandies.

Moyen mnémotechnique : qui a le QNH le plus fort garde les nuages et envoie le foehn chez l’autre.

Les documents de l’espace aérien

La carte dit où ; le NOTAM et le DABS disent quand. Après la météo, on vérifie les limites de l’espace aérien et les obstacles aériens de la région (Législation N°57, Législation N°59, Législation N°61) :

Document On y trouve
carte de vol à voile espaces, zones, obstacles, horaires militaires, ligne de séparation Jura-Plateau / Alpes
carte des obstacles câbles et obstacles
recueil VFR (règles de vol à vue) de l’AIP (Aeronautical Information Publication, publication d’informations aéronautiques) fréquences radio, infos durables
NOTAM résumé du jour pour le vol à vue
DABS état du jour : dangers, restrictions, activations

La carte de vol à voile, au 1:300 000, est vendue avec le recueil VFR de l’AIP ; c’est certainement le document le plus utile. Il en paraît une nouvelle édition chaque année, en mars, et seule l’édition en vigueur fait foi le jour du vol. Elle montre les principaux câbles ; tous les câbles figurent sur la carte fédérale des obstacles à la navigation aérienne (N°19).

La ligne entre les Alpes et le Jura-Plateau est tracée sur la carte, en traitillé vert foncé. C’est elle qui fixe le plafond de l’espace E, différent au nord et au sud (N°15 ; Législation N°101).

Jura, Plateau Alpes Léman lac de Zoug Ouest : du Léman au lac de Zoug Plateau Alpes le long de la TMA de Zurich Schmerikon Rhin Est : du lac de Zoug au Rhin © swisstopo / OFAC
La ligne de séparation Jura-Plateau / Alpes, repassée en vert épais sur la carte de vol à voile, où elle est un traitillé vert foncé ; en haut, du Léman au lac de Zoug, en bas, du lac de Zoug au Rhin. Au nord-ouest de la ligne, le Jura et le Plateau ; au sud-est, les Alpes. Entre le lac de Zoug et Schmerikon, elle suit le bord sud de la TMA de Zurich. Carte de vol à voile, 35e édition, © swisstopo / OFAC.

Ce qui change d’un jour à l’autre est dans le NOTAM ou le DABS : les dates d’activation des CTR (Control Zone, zone de contrôle) et TMA (Terminal Manoeuvring Area, région de contrôle terminal) temporaires, et les dates et heures d’activité des zones dangereuses (LS-D) (N°16). Les CTR et TMA temporaires se traversent quand elles sont inactives ; certaines ne sont actives que quelques semaines par an. Le DABS du lendemain paraît la veille à 16 h, puis il est mis à jour : avant chaque vol, on consulte sa version du moment. Une LS-R (zone réglementée) ou LS-D encadrée en rouge sur la carte, et absente du DABS du jour, est inactive.

Piège. La ligne de séparation figure aussi dans l’AIP. Mais son tracé est dessiné sur la carte de vol à voile, en traitillé vert foncé : c’est la réponse de l’examen (Législation N°101, N°15).

Sur un nouveau site

Trois choses à faire, une à oublier (N°17) :

  • aller voir le terrain d’atterrissage ;
  • se renseigner sur les obstacles aériens ;
  • planifier le vol d’après les conditions ;
  • faire enregistrer son vol n’est pas nécessaire.

Au terrain d’atterrissage, deux questions : d’où le vent peut-il souffler, et quels obstacles gênent chacune des approches possibles (N°18) ? Pourquoi à cet endroit : le sens de la volte dépend du terrain, des obstacles et du vent (fiche « La volte »). Du côté au vent, arbres et bâtiments font des tourbillons qui peuvent secouer l’aile jusqu’au dernier moment de l’approche, par exemple par 20 km/h. D’où le conseil, quand on peut choisir : un terrain dégagé de ce côté (fiche « Turbulences mécaniques »).

Au décollage inconnu, la première tâche est d’inspecter le terrain : voir fiche « Le terrain ».

Faune et environnement

L’examen parle de trois animaux : l’aigle royal, le chamois et le bouquetin. Connaître un minimum leurs habitudes peut être utile.

L’aigle royal

L’aigle royal à l’examen (N°148 à N°152) :

Question Réponse
nid falaises abruptes, sous la limite de la forêt
nidification printemps, de mars à mai
vol ondulé défend son territoire et sa couvée
le plus dérangé au printemps, près du nid

Le pire dérangement vient du calendrier et du lieu : un pilote qui vole au printemps près de l’aire oblige l’adulte à quitter ses œufs.

Moyen mnémotechnique : l’aigle mange volontiers des « MarMotes », de mars à mai.

Chamois et bouquetins

L’année des chamois et des bouquetins :

Période Ce qui se passe
hiver, printemps en majorité sur des flancs escarpés, exposés au sud
mars–avril fin de l’hiver : la période la plus rude
mai–juin les femelles mettent bas
été pâture le matin, puis repos en hauteur

En été, ils se reposent plus haut que les pâturages : falaises à l’ombre, croupes exposées au vent (N°157). C’est au-dessus de la limite de la forêt, dans les zones inhabitées, que les pilotes les dérangent le plus, quand ils volent près des flancs de montagne (N°158).

Pourquoi la fin de l’hiver est si dure (N°156).

Cause Détail
réserves la graisse de l’automne souvent épuisée
nourriture restée sous la neige tout l’hiver
météo froid et tempêtes qui peuvent durer
déplacements la neige profonde use les forces

Jeunes, vieux et malades en meurent le plus. Un dérangement peut alors coûter cher : le pilote peut pousser l’animal à fuir, et fuir dépense une énergie qu’il n’a plus, au moment où ski et randonnée reprennent.

Piège. Au-dessous ou au-dessus de la limite de la forêt ? L’aigle niche au-dessous, dans les falaises (N°150) ; chamois et bouquetins sont le plus dérangés au-dessus, près des flancs (N°158).

Zones protégées et propriété

  • Les zones de protection de la faune se respectent : les ignorer, c’est mettre en péril le site de vol (N°168). Suivre les accords conclus entre clubs de vol libre et gardes-faune est essentiel (N°159).
  • Décoller et atterrir peut être interdit : il existe des zones de protection nationales, conformes à l’ordonnance fédérale sur les atterrissages en campagne et aux règles particulières des cantons ; il faut vérifier que la zone prévue n’en fait pas partie (N°151). Plus largement, les propriétaires, les communes, les cantons et la Confédération peuvent réglementer, voire interdire, décollages et atterrissages (Législation N°31).
  • Propriété et vie privée : lors d’un vol, on les respecte toujours, et on adapte son comportement. La population accepte en général bien le vol libre ; il serait regrettable qu’un comportement peu adapté de pilotes change cela (N°155).

Piège. Deux questions, deux raisons. Pour les zones de faune, c’est le site mis en péril (N°168) ; pour décoller et atterrir, ce sont des interdictions fixées par des textes, fédéraux et cantonaux (N°151).

Pièges entre questions voisines

  • Zurich ou Lugano ? Le QNH le plus haut dit d’où vient le courant. Zurich plus haut : courant du nord, foehn au sud (N°11). Lugano plus haut : courant du sud, foehn au nord (N°12).
  • 8 ou 4 hPa ? 8 hPa est l’écart des deux exemples ; dès 4 hPa, on peut déjà attendre du foehn dans les vallées alpines (N°13).
  • Où ou quand ? La carte de vol à voile pour la structure : classes d’espace (N°14), ligne de séparation Jura-Plateau / Alpes (N°15). Le NOTAM ou le DABS pour l’activité du jour (N°16). Les câbles : la carte des obstacles, et en partie la carte de vol à voile (N°19).
  • Trois périodes, de mars à juin. Mars–mai : l’aigle niche (N°148). Mars–avril : la fin de l’hiver, la plus rude pour chamois et bouquetins (N°156). Mai–juin : leurs mises bas (N°154).