Matériel · Théorie
Équipement et instruments
Ce qui protège le corps en vol, et les instruments : variomètre, altimètre et anémomètre.
Protéger le corps
Sécurité active et sécurité passive vont ensemble. D’un côté, les bonnes décisions et un pilotage adapté ; de l’autre, l’équipement qui protège : protection dorsale, parachute de secours, chaussures, gants, casque. Il n’y a aucune raison d’opposer l’une à l’autre ; ce qui serait dangereux, c’est un pilote qui compte sur ses protections pour prendre des libertés avec la sécurité active. La même mise en garde vaut pour la protection dorsale (N°86, signalée).
| Pièce | Protège | Comment |
|---|---|---|
| chaussures | les chevilles | montantes, rigides, mais souples pour courir |
| gants | les mains | à chaque vol, solides |
| casque | la tête | intégral de préférence |
Les gants. Ils tiennent chaud, mais leur rôle principal est de protéger les mains des agressions mécaniques. La règle est nette : par principe, on les porte toujours, pour éviter les blessures (N°109). Il les faut solides, et ils sont indispensables.
Le casque. Son moment critique, c’est près du sol : il compte autant que les gants, et protège la tête surtout lors des chutes au décollage et à l’atterrissage (N°110). Quel modèle ? L’intégral : c’est le plus efficace, et il est conseillé de le préférer (N°111).

Piège. « Toujours », pour les gants, est une règle de prudence. Même le casque n’est obligatoire que lors des examens pratiques ; mieux vaut le porter aussi en dehors, pour la sécurité (fiche « Obligatoire aux examens, conseillé ailleurs »). Les gants ne figurent pas dans cette liste d’équipements obligatoires : ce n’est pas une obligation légale.
Moyen mnémotechnique : des gants à chaque vol, un casque intégral ; le casque sert surtout près du sol, au décollage et à l’atterrissage.
Les instruments de vol
Ce qu’un instrument mesure n’est pas toujours ce qu’il affiche. C’est le fil de presque toutes les questions de ce chapitre.
| Instrument | Mesure | Donne |
|---|---|---|
| variomètre | la variation de pression | la vitesse verticale |
| altimètre | la pression du moment | une altitude |
| anémomètre | la rotation d’une hélice | la vitesse air |
| GPS | sa position, par satellites | la vitesse sol, la trace |
L’hélice est celle du modèle photographié plus bas ; elle tourne d’autant plus vite que le vent relatif est fort.
Leur utilité :
- le variomètre est sans conteste le plus utile au parapentiste ; pour le pilote de loisir, un simple vario acoustique suffit. La photo du casque en montre un, tout petit, sur le bord ;
- l’altimètre n’est pas indispensable en vol de loisir. Il sert davantage en compétition ou en distance : choix tactiques pour passer d’une ascendance à l’autre, respect des plafonds de l’espace aérien ;
- l’anémomètre est « probablement » le moins utile. Un élève peut s’en servir pour découvrir la plage de vitesse de son aile ; le pilote confirmé, lui, juge sa vitesse au vent sur son visage et au bruit du vent relatif ;
- le GPS donne au pilote de loisir sa vitesse sol, et donc une estimation plus précise du vent en altitude. En compétition, il est indispensable : les organisateurs contrôlent le vol de chacun sur la trace qu’il a enregistrée.
Le variomètre
Il affiche une vitesse verticale, à partir de la pression. Ce qu’il capte, c’est la vitesse à laquelle la pression change (N°114, N°115). Le lien avec la montée tient à l’atmosphère : plus haut, moins de pression, et cela régulièrement (détail dans fiche « Elle baisse avec l’altitude »). Une pression qui chute vite signale donc une montée rapide : c’est ainsi que le vario renseigne sur la force des ascendances.
L’altimètre
Il mesure la pression du moment et la traduit en altitude : il est gradué en unités de longueur, et non en valeurs de pression (N°116). Un capteur y détecte d’infimes différences de pression ; l’altimètre convertit ces variations en mètres ou en pieds.
Moyen mnémotechnique : deux instruments, une seule grandeur mesurée, la pression. Le vario suit sa variation, l’altimètre sa valeur.
Pourquoi il dérive dans la journée. La pression baisse quand on monte : l’altimètre lit donc une pression plus basse comme une altitude plus haute. Or, à un même endroit, la pression change aussi avec la météo (fiche « La pression change avec le temps qu’il fait »). Par mauvais temps, la pression est basse : un altimètre réglé par une pression plus forte affiche alors en général une altitude un peu plus haute que la vraie ; quand elle est haute, c’est l’inverse. Réglé sur la pression du jour, il indique juste.
| Dans la journée | Pression | Altitude affichée |
|---|---|---|
| l’anticyclone arrive | monte | trop basse |
| l’anticyclone faiblit | baisse | trop haute |
Pour un altimètre réglé le matin et lu l’après-midi, on parle d’une tendance : pression en hausse, l’appareil réagit comme si l’on était descendu là où la pression est plus forte (N°117, N°118).
Un exemple chiffré, d’un jour à l’autre : au même endroit, un altimètre marque 1000 m un jour de mauvais temps, à 1000 hPa ; le lendemain, la pression est remontée à 1025 hPa, et il n’indique plus qu’environ 800 m. Pour 25 hPa de plus, environ 200 m de moins à l’affichage.
Ce qui reste juste : une différence de hauteur d’un instant à l’autre, par exemple les 100 m gagnés dans un thermique, car la pression générale change très lentement. C’est l’altitude elle-même qui dépend des conditions du jour : pour qu’elle soit juste, on règle l’altimètre sur la pression du moment. Réglé sur le QNH, la pression du jour ramenée au niveau de la mer, il indique l’altitude au-dessus de la mer (fiche « La pression au niveau de la mer »).
Piège. « Trop basse » et « trop haute » se disent de l’altitude affichée. Quand l’anticyclone arrive, l’altimètre marque moins que l’altitude réelle : le pilote est plus haut qu’il ne le lit. Quand l’anticyclone faiblit, il est plus bas.
Moyen mnémotechnique : pression qui monte, altimètre qui baisse. L’altimètre ne voit que la pression : plus il y en a, plus il se croit bas.
L’anémomètre, ou badin
Il mesure la vitesse par rapport à l’air, pas par rapport au sol. Au sol, il donne la vitesse du vent. En vol, il donne la vitesse de l’aile par rapport à l’air qui l’entoure, c’est-à-dire le vent relatif (N°112), celui qu’on crée soi-même en avançant (fiche « L’incidence »). La vitesse par rapport au sol, c’est le GPS qui la donne.
Où le placer : au moins un mètre sous les pieds du pilote (N°113). Plus près du corps, il afficherait moins que la vraie vitesse : le frottement aérodynamique y ralentit l’air.

Moyen mnémotechnique : le badin pend loin sous les pieds, hors de l’air que le pilote freine.
Pièges entre questions voisines
- Mesure ou affichage ? Le vario affiche la vitesse verticale (N°114), mais mesure la variation de pression (N°115). L’altimètre affiche une altitude, mais mesure la pression (N°116). « Vitesse verticale » est donc la bonne réponse de N°114 et une mauvaise de N°115.
- Air ou sol ? Le badin : par rapport à l’air (N°112). Le GPS : par rapport au sol.
- L’anticyclone arrive ou faiblit ? Il arrive : pression en hausse, altitude affichée trop basse (N°117). Il faiblit : pression en baisse, altitude affichée trop haute (N°118).
- Gants et casque : les gants à chaque vol, contre les blessures (N°109) ; le casque sert surtout au décollage et à l’atterrissage (N°110) ; l’intégral protège le mieux (N°111).