Pratique de vol · Théorie
Atterrissage
Lire le vent, construire sa volte, corriger sa hauteur, se poser en pente ou par vent fort, et les posers forcés : arbre, eau, toit.
Avant la volte : lire le vent
Un atterrissage se prépare en vol, avant la volte. Pour un atterrissage de fortune, il faut d’abord choisir le terrain ; dans tous les cas, on regarde ses obstacles, sur place et autour, et l’on cherche d’où vient le vent et avec quelle force. C’est la raison du survol : passer au-dessus du terrain avant les manœuvres d’approche, pour lire la manche à air, est recommandé (N°102).
Pas de manche à air ? D’autres indices (N°103) :
| Indice | Où |
|---|---|
| fumée, drapeaux | au sol |
| risée | sur l’eau |
| sa propre dérive | en vol |
| GPS (Global Positioning System, positionnement par satellites ; vitesse sol) | en vol |
| autres parapentes | en vol |
Pourquoi pas les nuages. Un nuage avance avec le vent de son altitude, et ce vent peut changer d’une couche à l’autre : par exemple nord-est à 1000 et 2000 m, sud-ouest à 3000 et 4000 m. Près du sol, les obstacles le freinent : il y est en général plus faible et plus turbulent qu’à 300 m (Météo N°82). Le vent qui pousse un nuage n’est donc pas forcément celui du terrain.
Piège. La dérive renseigne, le cap non. Une aile vole dans l’air qui la porte : un vent de travers la fait dériver dans son sens, et c’est au pilote de corriger, en volant en crabe. Ce qui trahit le vent, c’est donc l’écart entre la direction où l’aile pointe et celle où elle va.
La volte
Pourquoi une volte. Elle rend la trajectoire du pilote prévisible pour les autres usagers de l’air, et c’est elle qui mène le plus sûrement à un atterrissage précis : en ligne droite, face au vent, à l’endroit choisi (N°105). Ce n’est pas un simple exercice de débutant : c’est l’un des plus difficiles à exécuter proprement, long à maîtriser, et l’élève devrait en répéter les gestes à chaque vol. Les protections de la sellette ne doivent jamais faire mépriser les règles de base de la volte (Matériel N°86, signalée).
Les quatre phases, avec les repères de l’image de l’examen (N°106 à N°109) :
| Repère | Nom | Trajet |
|---|---|---|
| 1 | destruction d’altitude | des 360° |
| 2 | vent arrière | droit, vent dans le dos |
| 3 | base | droit, à 90° du précédent |
| 4 | finale | droit, face au vent |
Les 360° se font à côté du terrain, au vent de celui-ci, jamais au-dessus, et amènent le pilote vers 50 à 70 m sol. Le vent arrière longe le terrain ; la base se dirige vers lui ; la finale se termine au contact du sol, dans la cible. Pour la volte de l’examen biplace, voir fiche « La volte ».

Piège. Sur le croquis de l’examen, la zone 1 est un seul cercle à plat : ce sont en fait plusieurs 360° qui descendent, jusque vers 50 à 70 m sol. Le vent n’y est donné que par la manche à air : elle part de son mât (le point, à gauche) et flotte vers la droite. Le vent vient donc de la gauche, et la finale (4) le remonte vers la gauche.
Moyen mnémotechnique : on tourne (1), on longe (2), on coupe (3), on se pose (4).
Le sens de la volte
Par convention aéronautique, la volte se fait en général à gauche. Tous ses virages tournent alors du même côté : les 360° de la phase 1, puis ceux qui mènent du vent arrière en base et de la base en finale ; dans une volte à droite, tous tournent à droite (N°110). Ce sens s’adapte pourtant au lieu : forme du terrain, obstacles, vent.
À plusieurs. Quand trois planeurs arrivent à 50 m l’un de l’autre par vent nul, c’est le premier, le plus bas, qui choisit librement la direction d’atterrissage ; la convention lui impose une volte à gauche, et les suivants se règlent sur lui (N°117). Ainsi, chacun peut prévoir le trajet des autres, ce qui évite les collisions. La règle de priorité va dans le même sens : dans une volte, le planeur le plus bas passe en premier (Législation N°140).
Où perdre la hauteur. Avec un vent venant de la droite du dessin (N°111, N°112) :
| Volte | 360° | Base |
|---|---|---|
| à gauche | B (2) | A (1) |
| à droite | D (3) | C (4) |
Entre parenthèses, les secteurs de l’image de l’examen. Pourquoi : les 360° se font au vent, donc du côté d’où vient le vent, à droite. Reste le côté. Dans une volte à gauche, le vent arrière vole vers la gauche ; un virage à gauche le fait descendre vers la base, puis un second le ramène face au vent, en finale. Le vent arrière passe donc en haut, et la destruction se fait en haut à droite. Dans une volte à droite, tout est inversé : en bas.

Piège. Sur le croquis de l’examen, la manche à air est en bas à droite : son mât est le point, à droite, et elle flotte vers la gauche. Le vent vient donc de la droite, comme dans le tableau.
Piège. Retenir la règle, pas le numéro : le secteur dépend du vent. Avec le vent venant de la gauche du dessin, une volte à gauche détruit son altitude en C et place sa base en D.
Corriger sa hauteur
La correction dépend du moment où l’on s’aperçoit de l’écart (N°121 à N°126) :
| Où | Trop haut | Trop bas |
|---|---|---|
| vent arrière | agrandir la volte | tout raccourcir |
| vers la base | — | base courte ou nulle |
| base | la prolonger | — |
| finale | freiner, se redresser | bras hauts |
« Vers la base » : au passage du vent arrière à la base, par vent nul ; la finale se fait alors un peu de biais. « La prolonger » : des demi-tours de 180°, en allers-retours le long de la base, puis la finale. Ces allers-retours sont admis, mais un pilote concentré et exercé ne devrait en avoir besoin que très rarement.
En finale, les freins avec mesure (N°125, N°126) :
| En finale | Geste |
|---|---|
| un peu haut | freiner, se tenir debout dans la sellette |
| un peu bas, léger vent de face | bras hauts ; les freins tout près du sol |
La limite du freinage : au-delà de 80 %, tenus un certain temps, les freins mènent très probablement au décrochage, une menace sérieuse si près du sol (N°127).
Pourquoi les bras hauts : pour aller le plus loin par vent nul, la finesse maximale s’obtient en général sans freiner, à la vitesse trimmée ; sur certains modèles, avec un peu de frein (10 %) ou un peu d’accélérateur. Vers 20 à 30 % de frein, c’est le taux de chute minimal : de quoi voler le plus longtemps, pas le plus loin.
Adapter la forme de la volte
La volte change aussi de forme avec le vent (N°113 à N°116) :
| Cas | Volte adaptée | Schéma |
|---|---|---|
| vent 10–15 km/h | base près du terrain | 1 |
| vent nul, un peu bas | base courte, finale de biais | 2 |
| vent 25–30 km/h | crabe, S, finale courte | 3 |
| vent nul, haut en base | allers-retours de 180° | 4 |
Les chiffres sont ceux de l’image de l’examen et de la figure ci-dessous. Pourquoi ces formes :
- vent modéré : la finale sera lente et plongeante, donc la base se rapproche du terrain ;
- vent soutenu, en quatre temps : perdre la hauteur au vent du terrain, sur le côté ; remonter en crabe jusqu’à le survoler presque ; enchaîner quelques S ; finir par une finale très courte et très pentue.

Piège. Sur le croquis de l’examen, les tirets sont toujours la volte standard par vent nul : seul le trait plein change. Dans le schéma 3, la longue montée à côté du terrain n’est pas une base : c’est l’approche en crabe.
Le vent en finale
Le vent change tout par rapport au sol, rien par rapport à l’air (fiche « Quand l’air bouge »). À l’atterrissage (N°119, N°120) :
| Finale | Approche | Arrondi |
|---|---|---|
| vent arrière | plus plate | plus rapide |
| vent de face | plus raide | plus lent |
Le point de comparaison est le vent nul. L’arrondi plus lent du vent de face est aussi plus facile. Un ordre de grandeur : 20 km/h de vent dans le dos portent la finesse sol à 13, pour une aile qui plane à 8,2 sans vent, et la vitesse sol à 54 km/h. Ce que ces questions appellent « vitesse de l’arrondi » est donc une vitesse par rapport au sol ; la vitesse de l’aile dans l’air, elle, ne dépend pas du vent. Pour l’arrondi en biplace : fiche « La finale et l’arrondi ».
Vent dans le dos découvert en base. Il est trop tard pour changer de volte : mieux vaut la finir comme prévu, c’est beaucoup plus sûr, en choisissant une finale plus plate (N°118). Ceux qui suivent à 50 m se règlent sur ce premier pilote.
Le gradient de vent. Quand le vent faiblit sans changer de direction, on parle de gradient ; cela arrive surtout près d’un sol plat, qui freine l’air des derniers mètres. Par vent fort, cette baisse peut faire s’affaisser l’aile un bref instant. Surtout ne pas freiner : elle risquerait de décrocher. On la laisse reprendre de la vitesse, puis on contrôle, avec mesure, la petite abattée qui peut suivre (N°133).
Moyen mnémotechnique : près du sol, la vitesse est une assurance. Pas de frein tenu longtemps, pas de frein dans un affaissement.
Terrain en pente
Sur une pente raide, la finale suit la pente de côté : elle croise la ligne de plus grande pente à angle droit, c’est-à-dire qu’elle longe les courbes de niveau (N°130). Remonter ou descendre la pente n’est possible que si elle est peu inclinée. Le parapente se pose facilement sur un terrain en pente, mais il manque en général de ressource pour se poser en remontant une pente : ce poser-là est souvent trop brutal.
| Finale | Précision | Contact |
|---|---|---|
| en montant | facile | brutal |
| en descendant | très difficile | doux |
C’est le cas de N°104, par vent nul et sur une pente douce. En descendant, l’aile « n’en finit pas de voler » en finale.
Obstacles, vent fort, après le poser
Les obstacles au vent du terrain secouent toute la fin de la finale. Le mécanisme, les turbulences mécaniques, surtout sous le vent des obstacles, est expliqué dans fiche « Turbulences mécaniques ». Sur un terrain entouré de constructions, par exemple par 20 km/h, il faut s’attendre à de fortes turbulences sur toute la fin de la finale, donc à des incidents de vol possibles (N°132). Quand on peut choisir, on prend un terrain dont le côté au vent est aussi plat et aussi dégagé d’arbres et de constructions que possible (N°131).
Par vent fort, le geste suit le contact. Exemple par 25 km/h (N°129) :
| Geste | Effet |
|---|---|
| B ou C tirées à fond | l’aile retombe, sans portance en plus |
| freins, faute de mieux | la portance monte : risque d’être soulevé |
Le pilote commence par pivoter de 180°, dès que ses pieds touchent le sol. La version biplace : fiche « Vent fort : arrêter l’aile ». L’aile ne doit pas non plus tomber en avant, contre le sol (Matériel N°59 ; fiche « Réparer, se poser »).
Juste après l’atterrissage, on quitte l’aire d’atterrissage, pour laisser la place aux ailes qui arrivent en finale (N°128). Le reste attend.
Arbre, eau, toit
Sans autre choix, l’arbre est le moindre mal, avec ou sans vent, face à un torrent, au milieu d’un lac ou à un toit en pente : sur l’eau, le risque de noyade est trop grand ; sur un toit incliné, le choc peut être très rude.
| Cas | Danger | Parade |
|---|---|---|
| dans l’arbre | chute en quittant la sellette | s’assurer avec une corde |
| aile dans la cime | calotte déchirée | ouvrir les maillons, dénouer les freins |
| sur l’eau | noyade | ouvrir les sangles avant |
Détails dans N°134 à N°136. D’après les statistiques, le plus grand danger de l’arbre vient quand le pilote sort de sa sellette sans être assez assuré : les branches cèdent et il tombe. Dans un très grand arbre, on alerte les secours avec son portable et l’on attend en bougeant le moins possible, sans jamais tenter de descendre seul (N°163). Sur l’eau, les sangles ouvertes avant le contact peuvent éviter la noyade si l’aile est entraînée sous l’eau ; avec une fermeture à deux boucles, moins facile à ouvrir, il peut falloir couper les sangles.
Pièges entre questions voisines
- Trop haut : en vent arrière, agrandir la volte (N°121) ; en base, la prolonger et la répéter (N°123, schéma 4 de N°114) ; en finale, freiner et se redresser (N°125).
- Trop bas : en vent arrière, tout raccourcir (N°122) ; au passage en base, la réduire ou la supprimer (N°124, schéma 2 de N°113) ; en finale, bras hauts (N°126).
- Freiner : oui, un peu haut en finale (N°125) ; pas longtemps à 80 % (N°127) ; jamais dans un affaissement dû au gradient (N°133) ; jamais « pour améliorer la finesse » quand on est bas (N°122, N°124, N°126).
- Sens des 360° : celui de la volte (N°110), qui est à gauche par convention (N°117) ; secteur 2 pour une volte à gauche (N°111), 3 pour une volte à droite (N°112).
- « Vent arrière » : le nom de la phase 2 (N°107), ou un vent dans le dos en finale (N°119, N°118).
- Pente : douce, remonter est précis mais brutal (N°104) ; raide, on la longe (N°130).
- Obstacles : c’est le côté au vent qui compte (N°131) ; entouré de bâtiments, turbulences toute la finale (N°132).