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Législation · Théorie

Règles VFR

Les distances aux nuages et la visibilité à respecter en vol à vue, couche par couche, et comment trouver les siennes.

Les minima, couche par couche

Pour un planeur de pente, les règles du vol à vue (VFR) fixent surtout deux minima, la visibilité et la distance aux nuages ; elles règlent aussi les priorités entre aéronefs (fiche « IFR et VFR : instruments ou vue »). Ces minima dépendent de la classe d’espace aérien : G près du sol, E au-dessus (fiche « L’espace G, de 0 à 600 m sol », fiche « L’espace E et son plafond »).

Où Visib. Horiz. Vert.
G, 0–300 m AGL (Above Ground Level, au-dessus du sol) 1,5 km, sol en vue hors nuages hors nuages
G, 300–600 m AGL 1,5 km 1500 m 300 m
E, sous FL 100 (Flight Level, niveau de vol) 5 km 1500 m 300 m
E, au-dessus de FL 100 8 km 1500 m 300 m
LS-R (zone réglementée) verte active, sous FL 100 5 km 100 m 50 m
LS-R verte active, au-dessus 8 km 100 m 50 m

« Horiz. » et « Vert. » : distances minimales aux nuages, à l’horizontale et à la verticale. « Sol en vue » : on doit toujours voir le sol ou un plan d’eau. FL 100 correspond à 3050 m AMSL (Above Mean Sea Level, au-dessus du niveau moyen de la mer) en atmosphère standard (fiche « Du niveau de vol aux mètres »).

Deux idées suffisent pour lire le tableau :

  • La visibilité augmente par paliers en montant : 1,5 km dans G, 5 km dans E sous FL 100, 8 km au-dessus. La LS-R verte n’y change rien.
  • La distance aux nuages est presque partout de 1500 m à l’horizontale et 300 m à la verticale. Deux exceptions : sous 300 m AGL, il suffit de rester hors des nuages en voyant le sol ; dans une LS-R verte active (fiche « La LS-R pour vol à voile »), elle tombe à 100 m et 50 m.
Espace G Espace G supérieur 300–600 m AGL Espace G inférieur 0–300 m AGL 1,5 km 1,5 km 300 m 1500 m hors des nuages hors des nuages vue sur le sol ou sur l’eau
Les minima de l’espace G. En haut, sa partie supérieure (300–600 m AGL) : visibilité 1,5 km ; au moins 1500 m à l’horizontale et 300 m à la verticale entre le parapente et le nuage. En bas, sa partie inférieure (0–300 m AGL) : même visibilité, vol hors des nuages, et vue sur le sol ou sur l’eau. Le pointillé sépare les deux parties.
Espace E et LS-R pour vol à voile LS-R vol à voile hors TMA 3050 m 8 km 5 km 50 m 50 m 100 m 300 m 300 m 1500 m
Les minima de l’espace E. La ligne en tirets marque 3050 m, soit FL 100 : au-dessus, la visibilité doit être de 8 km ; en dessous, de 5 km. À droite, hors LS-R : 1500 m du nuage à l’horizontale, 300 m au-dessus et au-dessous. À gauche, dans une LS-R pour vol à voile active (hors TMA) : 100 m et 50 m ; la visibilité ne change pas. Distances non à l’échelle.

Moyen mnémotechnique : « 1,5 – 5 – 8 » pour la visibilité, de bas en haut ; « 1500 / 300 » pour les nuages, sauf tout en bas (hors des nuages) et dans la LS-R verte (100 / 50).

Piège. Dans les réponses, « 1,5 km » a deux sens. En visibilité, c’est le minimum de l’espace G ; en distance horizontale, c’est une autre façon d’écrire 1500 m. « 1,5 km / 1,5 km / 300 m » n’est donc pas une coquille : ce sont les minima de la partie haute de G (N°102).

Piège. Les combinaisons en « 100 m / 50 m » ne valent que dans une LS-R verte active. Si l’énoncé n’en parle pas, les distances aux nuages sont 1500 m et 300 m (N°97, N°99), sauf sous 300 m AGL, où l’on vole simplement hors des nuages (N°98).

Trouver ses minima : le sol d’abord

La démarche : on vérifie d’abord le plafond de l’espace permis, puis la hauteur sol, puis l’altitude. Pour les minima, cela donne trois questions, dans cet ordre :

  1. Suis-je à moins de 600 m AGL ? Alors je suis dans G (hors CTR, les zones de contrôle), quelle que soit mon altitude au-dessus de la mer. G suit le relief jusqu’à 600 m AGL, même là où il dépasse le plafond de E. La limite de 300 m AGL dit ensuite dans quelle partie de G je vole.
  2. Sinon, suis-je au-dessus de FL 100 ? Au-dessus de 600 m AGL, on est dans E. La visibilité exigée y est de 5 km sous 3050 m AMSL standard, de 8 km au-dessus.
  3. Suis-je dans une LS-R verte active ? Seulement dans E, et dans les altitudes de son cartouche : les distances aux nuages passent alors à 100 m et 50 m (fiche « La LS-R pour vol à voile »).

Pourquoi le sol d’abord ? Parce que G, où les exigences sont allégées, se définit par la hauteur sol : à 200 m AGL, on y est même à 3800 m AMSL (N°100).

Quand l’énoncé ne donne pas de hauteur sol mais nomme l’espace E, seule l’altitude compte (N°91, signalée ; N°96).

Le jour et l’heure servent à savoir si les militaires volent, ce qui fixe le plafond de E sur les Alpes (fiche « Le plafond de l’espace E »). Dans le Jura, au nord de la ligne de séparation, ce plafond reste 3050 m.

En montant dans une zone de vol à voile active, un pilote peut ainsi passer par quatre jeux de minima : les deux parties de G, puis E sous et au-dessus de 3050 m, avec les distances réduites de la LS-R.

La figure suit cette montée dans une LS-R pour vol à voile active :

2000 3000 4000 m G, 0–300 m AGL : G, 300–600 m AGL : LS-R, sous 3050 m 5 km · 100 / 50 m LS-R, 3050–3950 m 8 km · 100 / 50 m E, 3950–4550 m 8 km · 1500 / 300 m C, au-dessus de 4550 m : G, 0–300 m AGL : 1,5 km, hors des nuages, sol en vue. G, 300–600 m AGL : 1,5 km, 1500 m / 300 m. Visibilité · distances aux nuages (horiz. / vert.). MIL OFF ; LS-R pour vol à voile active, cartouche « 3950 MO / 600 AGL » (LS-R34).
Les minima rencontrés en montant le long d’une pente, dans une LS-R pour vol à voile active, hors des heures de vol militaire. Jusqu’à 600 m AGL, l’espace G et ses deux parties. Puis la LS-R (tirets verts) : 100 m / 50 m des nuages, visibilité 5 km sous 3050 m, 8 km au-dessus. Au-dessus de son plafond, 3950 m, on est encore dans E jusqu’à 4550 m, avec 1500 m / 300 m. Plus haut, l’espace C.

Moyen mnémotechnique : le sol d’abord, la mer ensuite.

La LS-R pour vol à voile

On dit aussi LS-R verte ou LSR for Gliders. C’est un allègement réservé aux planeurs et aux planeurs de pente :

  • Ce qui change : les distances aux nuages, réduites à 100 m à l’horizontale et 50 m à la verticale.
  • Ce qui ne change pas : la visibilité, celle de E à l’altitude de vol, soit 5 km sous FL 100 et 8 km au-dessus.
  • Quand : si la zone est active, aux périodes définies, du 1er mars au 31 octobre, du lever au coucher du soleil.
  • Où : seulement dans l’espace E, et seulement dans les altitudes indiquées sur son cartouche. Sous sa limite inférieure, qui donne très souvent directement sur G, on revient sans aucune exception aux minima ordinaires de l’espace où l’on vole.

Pourquoi la classer « restreinte » (le R de LS-R) ? Parce que des planeurs y volent tout près des nuages, ce qui expose davantage les autres usagers, les avions par exemple ; aucun vol IFR (Instrument Flight Rules, règles de vol aux instruments) n’y est admis.

Une mention MO sur la limite supérieure du cartouche signifie en principe que la zone n’est active qu’en MIL OFF (hors des heures du service de vol militaire). Elle peut pourtant ne viser qu’un des deux plafonds : la LSR24 porte « 4550 MO / 3950 / 600 AGL », et son plafond est de 3950 m ou de 4550 m AMSL standard, suivant le service de vol militaire. En MIL ON, cette zone reste donc active, jusqu’à 3950 m. Les couleurs des zones et la mention MA (activable sur demande pendant les heures du service de vol militaire) sont dans fiche « La LS-R verte, pour le vol à voile ».

Piège. Être « dans une zone » de vol à voile ne veut pas dire être dans la LS-R. À 200 m AGL, on est dans G, sous la LS-R : le cartouche d’une LS-R pour vol à voile hors TMA (Terminal Manoeuvring Area, région de contrôle terminal) commence au minimum à 600 m AGL (N°107).

Le plafond de l’espace E

L’espace E commence au-dessus de G, à 600 m AGL, et son plafond dépend de la ligne de séparation et, au sud, des heures de vol militaire (fiche « L’espace E et son plafond ») :

  • au nord de la ligne (Jura, Plateau) : 3050 m AMSL standard, soit FL 100 ;
  • sur les Alpes, pendant les heures de vol militaire (MIL ON) : en général 3950 m, soit FL 130 ;
  • sur les Alpes, en dehors (MIL OFF) : en général 4550 m, soit FL 150.

Au-dessus de E commence l’espace C. En 2025, MIL ON, c’est du lundi au vendredi, jours fériés exceptés, de 7 h 30 à 12 h 05 et de 13 h 15 à 17 h 05, en heure locale (fiche « Les heures de vol militaire »).

Ces plafonds sont donnés en atmosphère standard, dont la pression de référence est 1013,25 hPa. Avec 1013,2 hPa, on lit donc la valeur de la carte sans correction (fiche « Le plafond du jour : la correction du QNH »).

Pièges entre questions voisines

Toutes ces questions se résolvent avec le tableau de fiche « Les minima, couche par couche » et l’ordre de fiche « Trouver ses minima : le sol d’abord ».

  • N°91 (signalée) et N°96 : même situation dans E, à 2800 m ou à 3800 m. Seule la visibilité change, 5 km ou 8 km, de part et d’autre de FL 100.
  • N°98 et N°100 : même hauteur sol, 200 m AGL, à 1400 m et à 3800 m AMSL. Même réponse : la partie basse de G.
  • N°97 et N°99 : même hauteur sol, 800 m AGL, donc E. L’altitude décide : 5 km à 1700 m, 8 km à 3800 m.
  • N°102 : 500 m AGL, dans G, au-dessus de la limite des 300 m. C’est la partie haute : 1,5 km de visibilité, mais déjà 1500 m et 300 m des nuages.
  • N°105, N°106 et N°107 : LS-R pour vol à voile active. Dans la zone, 100 m et 50 m des nuages, avec 8 km à 3800 m et 5 km à 2800 m ; à 200 m AGL, on est sous la LS-R, dans G.
  • N°95 : le plafond de E sur les Alpes en MIL OFF, 4550 m, n’est pas proposé ; 600 m AGL, 3050 m et 3950 m sont d’autres limites (fiche « Le plafond de l’espace E »).