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Aérodynamique · Théorie

Équilibre et finesse

Portance, traînée et poids en vol plané, les trois angles, la finesse et ses calculs, le virage et le facteur de charge.

L’équilibre en vol plané

En vol plané stable, la résultante des forces aérodynamiques (RFA) est le contrepoids exact du poids. Le poids total en vol (PTV) tire vers le bas, à la verticale ; la RFA lui fait face, sur la même verticale, vers le haut, avec la même valeur (N°102, N°104). Pourquoi un équilibre aussi exact : un vol plané stable, en ligne droite et à vitesse constante, est un vol sans accélération, et les forces qui s’exercent sur l’aile s’y annulent.

Portance, traînée, poussée

La RFA se décompose en deux forces, à angle droit l’une de l’autre :

Force Direction
Portance P perpendiculaire à la trajectoire, vers le haut
Traînée T le long de la trajectoire, vers l’arrière

La trajectoire suit la direction du vent relatif : la traînée agit donc dans le sens où l’air s’écoule autour de l’aile (N°101, N°105, N°106). Ce sont les deux forces que subit une aile dans le vent : fiche « Aspiration dessus, pression dessous ».

Le poids a lui aussi une part qui suit la trajectoire, mais vers l’avant : la poussée O. Elle a la même valeur que la traînée, qu’elle compense.

Piège. La traînée est une composante de la RFA, pas du poids. La part du poids qui suit la trajectoire, vers l’avant, c’est la poussée (N°106).

Trois angles

Angle Entre
α, plané la trajectoire et l’horizon
α’ la portance et la RFA
γ, incidence la corde et la trajectoire

La géométrie démontre que α’ est égal à α, et cette égalité sert à définir la finesse. On peut le voir ainsi : la RFA est à angle droit de l’horizon, la portance à angle droit de la trajectoire ; faire tourner les deux côtés d’un angle d’un quart de tour ne change pas cet angle. Attention à ne pas confondre angle de plané et incidence ; pour l’incidence, voir fiche « L’incidence ».

α γ α′ vent relatif (parallèle à J) RFA PTV P T O C J Z : horizon horizontale corde 6 2 5 3 1 4 RFA (6) et PTV (2) : verticales, égales, opposées P portance (5), T traînée (3) : composantes de la RFA O : poussée, la part du poids le long de J α (1) : plané, entre J et Z ; γ (4) : incidence, entre J et la corde ; α′ = α, entre P et la RFA angles agrandis ; γ reste plus grand que α
Équilibre des forces en vol plané stable, avec les numéros du croquis de l’examen. La RFA (6) et le PTV (2), verticaux, égaux et opposés, partent du centre de poussée C. La RFA se décompose en portance P (5), perpendiculaire à la trajectoire J, et traînée T (3), le long de J vers l’arrière ; la poussée O est la part du poids le long de J. α (1), l’angle de plané, entre J et l’horizon Z ; γ (4), l’incidence, entre J et la corde ; α′, entre P et la RFA, égal à α. Les angles sont agrandis, mais l’incidence reste plus grande que l’angle de plané : le nez reste au-dessus de l’horizontale.
Croquis de l’examen (N°107 à N°110)
Croquis de l’examen (N°107 à N°110)

Sur le croquis de l’examen (N°107 à N°110), juste au-dessus, les numéros sont ceux de la figure qui le précède. Le croquis n’a ni lettres ni poussée ; la trajectoire y est en tirets, la corde en trait mixte (tirets et points) :

Chiffre Élément Où
1 angle de plané en bas, sur l’horizon
2 poids total flèche vers le bas
3 traînée flèche le long des tirets
4 incidence devant le nez
5 portance flèche penchée vers l’avant
6 RFA flèche vers le haut

Moyen mnémotechnique : 2 et 6, les deux verticales (le poids en bas, la RFA en haut) ; 1 et 4, les deux angles (le plané sur l’horizon, l’incidence au nez) ; 5 et 3, les deux côtés du rectangle (la portance qui monte, la traînée qui suit l’air).

Piège. Sur le croquis, l’angle de plané est exagéré pour qu’on voie les forces : le nez semble pointer sous l’horizon. L’incidence reste pourtant positive, car elle se mesure depuis la trajectoire, qui suit le vent relatif, et non depuis l’horizon.

Piège. La force opposée au poids est la RFA, pas la portance. La portance est perpendiculaire à la trajectoire : comme la trajectoire descend, elle penche vers l’avant, de l’angle α’ (voir la figure). Et c’est la RFA qui a la valeur du poids : la portance n’est qu’un côté du rectangle dont la RFA est la diagonale, donc plus courte qu’elle (N°102, N°104).

Vol trimmé ou accéléré

En vol trimmé comme en vol accéléré, deux situations de vol plané stable, la RFA reste la même (N°103). La raison tient à l’équilibre : dans tout vol plané stable, la RFA compense le poids total, à valeur égale, et le poids ne change pas quand on pousse l’accélérateur.

Ce qui change, c’est le reste. L’accélérateur réduit l’incidence et fait voler plus vite, en général avec une finesse qui baisse peu à peu ; la finesse, rapport de la portance à la traînée, varie avec l’incidence. Accélérer change donc le partage de la RFA entre portance et traînée, et la pente de la trajectoire, pas sa valeur. Pour les trims d’une aile biplace : fiche « Les trims ».

La finesse

La finesse dit combien de mètres on avance pour chaque mètre perdu. C’est la distance horizontale parcourue, D, divisée par la hauteur perdue, H ; plus elle est grande, plus le planeur est performant. En air calme, la finesse maximale d’un parapente actuel est de l’ordre de 8–9 ; on lit aussi 8–10. Elle n’est pas fixe : portance et traînée changent avec l’incidence, et leur rapport avec elles (fiche « La polaire des forces »).

Quatre formules, un seul nombre

On calcule la finesse de quatre façons, qui donnent toutes le même nombre :

Finesse = Pourquoi
D / H la définition
Vh / Vv même durée pour D et H
P / T deux triangles semblables
Cz / Cx coefficients proportionnels aux forces
  • Vitesses. La distance et la hauteur se parcourent dans le même temps. Les diviser l’une par l’autre revient à diviser la vitesse horizontale Vh par la vitesse verticale Vv, le taux de chute (N°122).
  • Forces. Le triangle de la trajectoire, de côtés D et H, et celui des forces, de côtés P et T, ont chacun un angle droit et le même angle, α = α’. Ils sont semblables, donc leurs côtés sont proportionnels : D/H = P/T (N°120, N°123).
  • Coefficients. Toutes choses égales par ailleurs, la portance suit le Cz et la traînée le Cx : leur rapport vaut donc aussi Cz/Cx (N°121 ; les coefficients : fiche « Les quatre facteurs »).
α α′ γ D : distance H : hauteur J Z P T′ T RFA C finesse = D / H = P / T Deux triangles rectangles au même angle (α = α′) : leurs côtés sont proportionnels. T′ : la traînée T, reportée au bout de P angles agrandis ; γ reste plus grand que α
Calcul de la finesse. Le triangle de la trajectoire : D, la distance, le long de l’horizon Z ; H, la hauteur perdue, sous le centre de poussée C ; la trajectoire J, et α entre J et Z. Le triangle des forces : la portance P, la traînée reportée T′ au bout de P, et la RFA. Les deux sont rectangles, avec α = α′ : leurs côtés sont proportionnels, D/H = P/T.

Finesse et angle de plané

Ils varient en sens inverse. Une finesse qui augmente va avec un angle de plané qui diminue, et un angle de plané qui augmente avec une finesse qui diminue (N°127, N°128). Par exemple, perdre moins de hauteur, ou parcourir plus de distance, c’est plus de finesse et un angle plus fermé. Sur la figure, pour une même hauteur H, une distance D plus longue couche la trajectoire sur l’horizon.

La traînée agit sur les deux. Moins de traînée : la finesse augmente et l’angle de plané diminue. Plus de traînée : la finesse diminue et l’angle de plané augmente (N°98, N°99). On le suit sur la figure de l’équilibre à l’angle α’, l’écart entre la portance et la RFA, qui reste verticale face au poids. Cet angle est égal à l’angle de plané : une traînée plus faible le referme, une traînée plus forte l’ouvre.

Piège. La finesse est un rapport, un simple nombre ; l’angle de plané est un angle. Quand l’un monte, l’autre baisse. L’« angle de planer » de N°98 est l’angle de plané, pas la finesse.

Les calculs

Tous les calculs partent de la même égalité, retournée selon ce qu’on cherche :

  • distance = finesse × hauteur ; hauteur = distance ÷ finesse ;
  • vitesse horizontale = finesse × taux de chute ; taux de chute = vitesse horizontale ÷ finesse.
Données Calcul Réponse
finesse 8, 800 m 8 × 0,8 km 6,4 km (N°124)
finesse 12, 2400 m 12 × 2,4 km 28,8 km (N°125)
7 km pour 1400 m 7 ÷ 1,4 5 (N°126)
finesse 10, 12 m/s 12 ÷ 10 1,2 m/s (N°145)
finesse 8, 1600 m 1600 ÷ 8 200 m (N°146)
finesse 9, 1 m/s 9 × 1 9 m/s (N°147)
9 m/s, 1,5 m/s 9 ÷ 1,5 6 (N°148)

Tous ces énoncés précisent « en air calme » : avec du vent, la finesse ne change pas par rapport à l’air, mais elle change par rapport au sol.

Comparer deux ailes. Pour la même perte d’altitude, une aile de finesse 10 va deux fois plus loin qu’une aile de finesse 5 (N°138).

Piège. Mettre les deux grandeurs dans la même unité avant de calculer : 800 m = 0,8 km pour une distance en km, des m/s avec des m/s. Pour passer des m/s aux km/h, multiplier par 3,6 : 9 m/s = 32,4 km/h, 12 m/s ≈ 43 km/h.

Piège. La finesse compare des distances, pas des taux de chute. Le taux de chute dépend aussi de la vitesse : c’est la vitesse horizontale divisée par la finesse. Une finesse de 10 à 12 m/s donne 1,2 m/s de chute (N°145) ; une finesse de 5 à 6 m/s en donnerait autant. Deux finesses seules ne disent donc rien des taux de chute (N°138).

Moyen mnémotechnique : finesse 8, c’est 8 m d’avance pour 1 m perdu. On multiplie par la finesse pour trouver une distance ou une vitesse ; on divise pour trouver une hauteur ou un taux de chute.

Le virage et le facteur de charge

En virage, l’aile doit porter plus que le poids. Dans un virage stabilisé, déjà engagé et régulier, la force centrifuge Fc, horizontale, tire vers l’extérieur et s’ajoute au poids P. Le résultat, la charge effective R, se construit comme une somme de vecteurs (fiche « Additionner deux forces ») : c’est la diagonale de la figure plus bas, plus longue que P, penchée vers l’extérieur, et d’autant plus longue que l’aile s’incline.

Le facteur de charge compte combien de fois R contient P : facteur de charge = R ÷ P, exprimé en G (N°150, N°151).

i P Fc R RFA ← extérieur intérieur du virage → P : poids ; Fc : force centrifuge, vers l’extérieur R : charge effective, somme de P et Fc, plus longue que P ; la RFA l’équilibre i : angle d’inclinaison, entre P et R ici i = 45° : R ≈ 1,4 × P, soit 1,4 G
Forces en virage stabilisé. Au pilote s’appliquent le poids P, vertical, et la force centrifuge Fc, horizontale, vers l’extérieur. Leur somme R, la charge effective, est plus longue que P et penchée de l’angle i ; la RFA, de même valeur, l’équilibre, vers le haut et l’intérieur. Ici i = 45° : R vaut environ 1,4 fois P, soit 1,4 G.

La RFA, elle, doit maintenant équilibrer R, et non plus le seul poids. Tout en découle :

Ligne droite Virage
La RFA équilibre le poids P la charge R, plus grande
Charge alaire PTV ÷ surface RFA ÷ surface, plus grande
Vitesses la plage habituelle toute la plage plus haut
  • La charge alaire augmente dans la même proportion que la RFA, puisque la surface de l’aile ne change pas. En ligne droite, la RFA vaut le PTV : la formule du virage redonne alors la charge alaire habituelle, le PTV divisé par la surface (fiche « La charge alaire »).
  • Toute la plage de vitesse monte, vitesse minimale comprise. C’est le prix d’une RFA plus grande : elle croît avec le carré de la vitesse, si bien que l’aile doit voler plus vite, mais « dans une moindre mesure » que la RFA n’augmente (N°152).

Vers 60° d’inclinaison : 2 G et des vitesses multipliées par 1,4 ; une aile qui décroche à 20 km/h en ligne droite peut décrocher à 28 km/h dans un tel virage. Et 1,4 × 1,4 ≈ 2, comme 1,2 × 1,2 ≈ 1,4 à 45° : puisque la RFA croît avec le carré de la vitesse, la vitesse suit, à incidence égale, la racine carrée du facteur de charge, d’où la « moindre mesure ». Les autres inclinaisons : fiche « Virages et facteur de charge ».

0° 30° 60° 90° 1 2 3 4 5 6 i : inclinaison du virage (°) facteur (× ; en G pour la charge) 1,4 G 2 G 3 G 6 G C V C : facteur de charge ; V : facteur des vitesses 30° : presque rien ; passé 45°, tout s’emballe. 45° : 1,4 G, vitesses × 1,2 ; 60° : 2 G, × 1,4. Une aile qui décroche à 20 km/h en ligne droite peut décrocher à 28 km/h à 60°.
Le facteur de charge C et le facteur des vitesses V selon l’inclinaison du virage. À 30°, presque rien ; à 45°, 1,4 G et des vitesses × 1,2 ; à 60°, 2 G et × 1,4 ; au-delà, la charge s’emballe : 3 G à 70°, 6 G à 80°.

Piège. Facteur de charge et charge alaire ne se mesurent pas de la même façon. Le facteur de charge compare deux forces, R ÷ P, en G. La charge alaire rapporte un poids à une surface, en kg/m². En virage, les deux augmentent.

Moyen mnémotechnique : en virage, tout monte ensemble : la charge R, la RFA qui l’équilibre, la charge alaire et toute la plage de vitesse.

Pièges entre questions voisines

  • La RFA partout : c’est elle qui s’oppose au poids (N°104) et qui a sa valeur (N°102), en vol trimmé comme accéléré (N°103). Perpendiculaire à la portance : la traînée (N°105).
  • Composante de quoi ? Portance et traînée sont les composantes de la RFA (N°101, N°106) ; la poussée est la part du poids qui suit la trajectoire, vers l’avant.
  • Le croquis : 1 et 4 les angles, 2 et 6 les verticales, 5 et 3 la portance et la traînée (N°107 à N°110).
  • Quatre questions, quatre formules : P/T (N°120), Cz/Cx (N°121), Vh/Vv (N°122), D/H (N°123). Les fausses propositions sont d’autres rapports : l’envergure sur la profondeur moyenne, c’est l’allongement (fiche « L’allongement ») ; la poussée a la valeur de la traînée.
  • En sens inverse : plus de finesse, moins d’angle de plané (N°127, N°128) ; plus de traînée, plus d’angle (N°98) ; moins de traînée, plus de finesse (N°99).
  • Multiplier ou diviser : une distance ou une vitesse, on multiplie par la finesse (N°124, N°125, N°147) ; une hauteur ou un taux de chute, on divise (N°145, N°146) ; la finesse elle-même, on divise la distance par la hauteur, ou la vitesse par le taux de chute (N°126, N°148).
  • R ÷ P, pas l’inverse : 250 kg de charge pour 100 kg de poids, 2,5 G (N°151).