Biplace · Théorie
Licences et examens
Les trois niveaux de licence biplace, la formation et les examens pour y arriver, l’échec, le renouvellement, les vols commerciaux et à l’étranger.
Trois niveaux de licence biplace
Pour emmener un passager, il faut une licence biplace (Législation N°26). Elle a trois niveaux. Ce qui les sépare : qui l’on peut emmener, et si l’on peut se faire payer.
| Niveau | Avec qui | Validité |
|---|---|---|
| 1 | pilotes ; élèves sous surveillance | illimitée |
| 2 | passagers sans licence, sans vols commerciaux | illimitée |
| 3 | passagers sans licence, vols commerciaux compris | 3 ans (vols commerciaux) |
- Niveau 1. On vole en biplace avec d’autres pilotes de parapente. On peut aussi emmener des élèves en formation, mais alors sous la surveillance directe d’un instructeur qui a la licence d’instructeur de parapente et la licence biplace niveau 3. Cette licence vaut à vie.
- Niveau 3. C’est la licence du vol pilote-passager. Les vols commerciaux avec un passager qui ne connaît rien au vol libre lui sont réservés (Législation N°27). Pour ces vols, sa validité est limitée à trois ans, puis se renouvelle (fiche « Validité et renouvellement »).
- Niveau 2. C’est ce qui reste d’une licence niveau 3 dont la validité a expiré : des vols avec des passagers sans licence de parapente, mais plus de vols commerciaux.
Validités : la licence de pilote et la licence biplace 1 n’expirent pas, la licence biplace 3 et celle d’instructeur valent 3 ans ; la licence biplace 2 n’expire pas non plus (Législation N°46).
Moyen mnémotechnique : 1, entre pilotes ; 2, avec des passagers ; 3, avec des passagers et contre paiement.
Vers la licence biplace niveau 1
L’examen biplace niveau 1 a deux parties pratiques, à passer dans cet ordre : « Vols solo », puis « Vols biplaces ». Qui a déjà réussi la partie « Vols solo » à l’examen d’instructeur en est dispensé. Toutes les parties doivent être réussies dans les 36 mois qui suivent la première ; sinon, il faut repasser la première.
Avant la partie « Vols solo »
Conditions d’admission, notamment :
- au moins deux ans de licence officielle de pilote de parapente ;
- depuis cette licence, au moins 200 grands vols ;
- un vol de distance d’au moins 50 km, enregistré sur XContest ;
- un stage SIV (simulation d’incidents de vol) reconnu par la FSVL (Fédération suisse de vol libre), fait dans les trois dernières années ;
- les licences demandées et l’attestation d’assurance responsabilité civile.
La formation biplace et la partie « Vols biplaces »
La formation en biplace ne commence qu’une fois la partie « Vols solo » réussie. Pour être admis à la partie « Vols biplaces », il faut ensuite :
- au moins 1 vol de formation avec un instructeur, titulaire des licences d’instructeur de parapente et de biplace niveau 3 ;
- au moins 20 vols de formation avec un pilote de parapente comme passager, sous la surveillance directe d’un tel instructeur. À la fin, l’instructeur signe que le candidat est prêt ;
- le jour de l’examen, venir avec son passager : un pilote de parapente qui n’a aucune licence biplace (niveau 1, 2 ou 3) et ne passe pas lui-même l’examen ;
- l’attestation d’assurance responsabilité civile pour biplace.
Moyen mnémotechnique : 2 ans, 200 vols, 50 km, un SIV ; puis 1 vol avec l’instructeur et 20 avec un pilote.
Vers la licence biplace niveau 3
L’examen niveau 3 compte trois examens partiels : la théorie, la partie pratique « Vols solo » et la partie pratique « Vols biplaces ».
- La théorie se passe avant les « Vols biplaces ». On ne s’inscrit à la théorie qu’avec la licence niveau 1, et aux « Vols biplaces » qu’après avoir réussi la théorie et les « Vols solo ».
- Qui a déjà réussi les « Vols solo » à l’examen niveau 1, ou à celui d’instructeur, n’a pas à les repasser, dans le respect du délai de 36 mois : toutes les parties doivent être réussies dans les 36 mois, soit trois ans, qui suivent la première.
La partie théorique
- Admission : avoir 20 ans révolus et la licence biplace niveau 1.
- Matières : les cinq de l’examen de pilote (aérodynamique, météorologie, législation, matériel, pratique du vol), plus l’encadrement du passager.
- Réussite : au moins 80 % de bonnes réponses dans chaque matière. Une matière ratée se repasse seule ; plus de la moitié des matières ratées, et tout se repasse.
La partie « Vols biplaces »
Le cœur de la formation, ce sont les vols d’entraînement. Depuis sa licence niveau 1, le candidat doit en prouver au moins 30, des grands vols complets en biplace, sur 5 sites différents et avec au moins 3 « passagers » différents, pilotes ou élèves. Chaque vol se fait sous la surveillance directe d’un instructeur titulaire des licences d’instructeur et de biplace niveau 3 ; le passager le signe dans le carnet prévu, et l’instructeur atteste à la fin que le candidat est prêt.
Il faut aussi :
- le cours « Encadrement du passager », reconnu par la FSVL. Il vise les pilotes biplace niveau 1 qui préparent le niveau 3 et dure au moins un jour, ou deux demi-journées ;
- la théorie du niveau 3 et la partie « Vols solo », toutes deux réussies. À la place de cette théorie, la licence d’instructeur ou d’aspirant instructeur est aussi acceptée, matière supplémentaire « Encadrement du passager » comprise ;
- un passager pour le jour de l’examen : un pilote de parapente, ou un élève avec l’accord signé de son instructeur. Il n’a aucune licence biplace (niveau 1, 2 ou 3) et ne passe pas lui-même l’examen ;
- les licences demandées et l’attestation d’assurance responsabilité civile pour biplace.
L’aile biplace doit être homologuée, d’une homologation reconnue par la FSVL, et utilisée dans sa plage de poids autorisée. L’examen comprend trois programmes de vol.
Piège. Le passager de l’examen n’est pas le même aux deux niveaux. Au niveau 1, c’est un pilote de parapente. Au niveau 3, ce peut être un pilote ou un élève, avec l’accord signé de son instructeur. Dans les deux cas, il n’a aucune licence biplace et n’est pas lui-même candidat. La seule règle de poids de l’examen concerne l’aile, pas le passager.
Échec et nouvelle tentative
Après un échec, il faut une nouvelle période de préparation avant de se représenter. C’est un délai minimal : on revient « au plus tôt » après lui.
| Partie ratée | Délai minimal |
|---|---|
| Niveau 1, « Vols solo » | 2 mois |
| Niveau 1, « Vols biplaces » | 12 jours |
| Niveau 3, théorie | 12 jours |
| Niveau 3, partie pratique | 2 mois |
Une partie pratique ratée se repasse en entier. Pour la licence de pilote, le délai est de 12 jours pour la théorie comme pour la pratique (Législation N°113).
Moyen mnémotechnique : 12 jours pour la théorie du niveau 3 et pour les « Vols biplaces » du niveau 1 ; 2 mois pour les autres parties pratiques.
Piège. Pour l’examen niveau 1, on retient 12 jours avant chaque nouvelle tentative, sans limite du nombre d’essais (N°8) : c’est le délai des « Vols biplaces », l’épreuve avec passager qui termine l’examen. Les « Vols solo », passés avant, demandent 2 mois : ne pas les prendre pour le délai de l’examen biplace.
Piège. Trois nombres ne sont pas des délais d’attente. Les 36 mois sont le temps donné pour réussir toutes les parties. Les 30 jours sont d’autres délais, entre autres celui d’envoi de la licence et la durée de la licence provisoire. Et pendant les « Vols biplaces » du niveau 3, deux des trois programmes peuvent être répétés, une seule fois chacun : c’est une règle du déroulement de l’épreuve, pas une limite au nombre de fois qu’on peut repasser un examen raté.
Validité et renouvellement
Validité. Pour les vols commerciaux, la licence biplace niveau 3 vaut trois ans, comptés jusqu’à la fin d’une année civile.
Renouvellement. Il se fait pour une nouvelle période de trois ans, par l’une des trois voies suivantes :
- prouver au moins 50 vols en biplace depuis l’obtention de la licence ou son dernier renouvellement, dont au moins 10 chaque année ;
- suivre un cours reconnu par la FSVL comme CR (cours de répétition) de biplace ;
- repasser avec succès la partie pratique « Vols biplaces » de l’examen niveau 1.
Il faut pouvoir prouver ces vols : le pilote garde sur lui des justificatifs vérifiables pour la période de trois ans en cours et pour la précédente. Le cours « Encadrement du passager » traite aussi du renouvellement.
Expiration. Sans renouvellement, le pilote ne peut plus faire que des vols non commerciaux, avec des passagers sans licence de parapente : c’est la licence biplace niveau 2.
Récupération. Pour retrouver une licence expirée, seules deux des trois voies comptent : le CR de biplace, ou la partie pratique « Vols biplaces » de l’examen niveau 1.
Moyen mnémotechnique : 3 ans, 3 voies : 50 vols (dont 10 par an), un CR, ou les « Vols biplaces » du niveau 1.
Piège. Les trois voies du renouvellement sont des vols, un cours ou une épreuve pratique : aucune n’est médicale. Pour les pilotes de vol libre, aucune disposition légale n’impose de visite médicale (Législation N°44). Un avis médical n’est prévu qu’au cas par cas, quand l’état de santé d’un candidat fait craindre pour la sécurité des passagers ou de tiers.
Piège. « Au moins 10 par an » est un rythme de vols à tenir pendant les trois ans, pas une licence d’un an. Et ce sont 50 vols, pas 100 ; 10 par an, pas 20 (N°6).
Vols commerciaux et vols à l’étranger
Vols commerciaux. Seule la licence biplace niveau 3 permet les vols commerciaux avec un passager qui ne connaît rien au vol libre (Législation N°27). La directive de la FSVL pour le niveau 3 règle précisément la validité de cette licence pour ces vols ; l’Office fédéral de l’aviation civile (OFAC) l’a approuvée, et elle n’entre en vigueur qu’avec cette approbation. Le mandat que l’OFAC confie à la FSVL porte, lui, sur la licence officielle de pilote de planeur de pente ; le programme des examens de licence, plus largement, est fixé par les directives de la FSVL et homologué par l’OFAC. Les cantons ont un autre rôle : avec la Confédération, les communes et les propriétaires, ils peuvent réglementer ou interdire les décollages et les atterrissages.
À l’étranger. Le brevet suisse permet en principe de voler dans le monde entier, mais les lois et règles du pays font toujours foi (Législation N°144). À l’étranger, on emporte son brevet, sa carte IPPI (International Pilot Proficiency Identification) et son attestation d’assurance (Législation N°143). Le domicile, lui, décide du brevet qu’un pilote doit avoir pour voler en Suisse : un pilote domicilié en Suisse doit avoir le brevet suisse ; un pilote domicilié à l’étranger peut y voler de temps en temps avec un brevet étranger équivalent ou une carte IPPI de niveau IV ou V.
Les chiffres à ne pas confondre
| Chiffre | Ce qu’il compte |
|---|---|
| 2 ans | de licence de pilote, avant les « Vols solo » du niveau 1 |
| 200 | grands vols depuis la licence de pilote (niveau 1) |
| 50 km | le vol de distance XContest (niveau 1) |
| 1 et 20 | vols de formation : avec l’instructeur, puis avec un pilote (niveau 1) |
| 20 ans | âge minimal pour la théorie du niveau 3 |
| 30 | grands vols biplace, sur 5 sites, avec 3 passagers (niveau 3) |
| 50 et 10 | vols biplace pour renouveler, dont 10 par an (niveau 3) |
| 3 ans | validité commerciale du niveau 3 |
| 36 mois | pour réussir toutes les parties d’un examen |
À ne pas mélanger non plus avec les 50 grands vols demandés avant l’examen pratique de pilote de parapente.