ParaExam

← Théorie

Météo · Théorie

Humidité et nuages

Humidité, saturation et point de rosée, comment naissent les nuages et le brouillard, les types de nuages et ce qu’ils annoncent pour le vol.

Les états de l’eau

L’eau existe sous trois états : solide (glace), liquide (eau) et gazeux (vapeur d’eau). La vapeur d’eau est invisible : la « vapeur » d’un hammam est en fait un nuage de fines gouttelettes.

Vers la vapeur : il faut fournir de la chaleur glace solide eau liquide vapeur d’eau gaz, invisible sublimation fusion vaporisation solidification condensation * gaz → solide * Vers la glace : de la chaleur est libérée, elle réchauffe l’air autour * On lit aussi « liquéfaction » pour gaz → liquide et « condensation » pour gaz → solide. À l’examen : condensation = gaz → liquide.
Les changements d’état de l’eau : glace (solide), eau (liquide), vapeur d’eau (gaz, invisible). En haut, vers la vapeur : il faut fournir de la chaleur. En bas, vers la glace : de la chaleur est libérée et réchauffe l’air autour.
  • Aller vers la vapeur (fusion, vaporisation, sublimation) demande de fournir de la chaleur : il faut vaincre les forces qui lient les molécules d’eau.
  • Aller vers la glace (solidification, condensation, gaz → solide) libère de la chaleur, qui réchauffe l’air autour.

Piège de vocabulaire. On lit aussi « liquéfaction » pour gaz → liquide, et « condensation » pour gaz → solide. À l’examen, condensation = gaz → liquide (N°33).

En vol : dans une ascendance saturée (qui contient déjà un nuage), la vapeur continue de se condenser en montant et libère de la chaleur. L’air saturé se refroidit donc moins vite que l’air non saturé, qui perd 1 °C par 100 m.

Humidité, saturation et point de rosée

L’humidité absolue est la masse de vapeur d’eau, en grammes, par m³ d’air. Plus l’air est chaud, plus il peut contenir de vapeur avant de la condenser.

−40 −30 −20 −10 0 10 20 30 10 20 30 0 H : vapeur d’eau (g par m³ d’air) T : température (°C) Cs A 100 % brouillard B 0 à 99 % P P’ 17 °C −7 °C 5 g/m³ A : air saturé ; B : air non saturé. P : 17 °C et 5 g/m³, air plutôt sec. Refroidi à −7 °C (P’), toujours 5 g/m³ : saturé. Plus froid encore : de l’eau liquide se forme.
Courbe de saturation (Cs). Au-dessus et à gauche (A), l’air est saturé : brouillard ; en dessous et à droite (B), il ne l’est pas. De P à P’, on refroidit l’air sans changer sa quantité de vapeur : à −7 °C, il est saturé.

Exemple : de l’air à 17 °C qui contient 5 g/m³ de vapeur est plutôt sec (point P). Refroidi à −7 °C (point P’), il contient toujours 5 g/m³ mais il est saturé : tout refroidissement de plus forme de l’eau liquide (nuage, brouillard, buée, gouttes).

Le point de rosée, aussi appelé point de condensation, est la température à laquelle il faut refroidir l’air pour que sa vapeur commence à se condenser. C’est une température, pas une quantité d’humidité.

Formation des nuages

Un nuage est de l’air qui contient d’innombrables fines gouttelettes d’eau liquide. Vu de l’extérieur, c’est un nuage ; quand on est dedans, c’est du brouillard (visibilité inférieure à 1 km). La brume, une suspension de particules diverses, est nettement moins épaisse (visibilité de 1 à 10 km).

Dans tous les cas, un nuage se forme quand l’air se refroidit jusqu’à son point de rosée. Deux causes principales :

  1. La nuit, le sol refroidit l’air qui le touche : brouillard de rayonnement (voir plus bas).
  2. L’air monte et se refroidit en montant, dans trois situations :
L’air chaud et humide s’élève, se refroidit et atteint le niveau de condensation (le pointillé) : le nuage s’y forme Z Z Z : là où le sol chauffe le mieux l’air plus chaud plus froid gouttelette
Convection : au-dessus du sol qui chauffe le mieux l’air (Z), l’air chaud et humide s’élève, se refroidit et atteint le niveau de condensation (le pointillé) ; la base du nuage est à ce niveau. La couleur de l’air dit sa température : ocre plus chaud, bleu plus froid.
Au vent Sous le vent monte, se refroidit : nuages, pluie −0,6 °C/100 m redescend sec, se réchauffe : fœhn +1 °C/100 m condensation
Relief : pour passer la montagne, l’air monte au vent et se refroidit (environ 0,6 °C par 100 m dans le nuage) ; le nuage s’accroche au versant et au sommet, il pleut. Sous le vent, l’air redescend sec et se réchauffe de 1 °C par 100 m : c’est le fœhn. La couleur de l’air dit sa température : ocre plus chaud, bleu plus froid.
air froid air chaudglisse et monte lentementNsbase ≈ 1000 mAs Acbase ≈ 4000 mCsCiCi et Cs6000–10 000 mStpluiepied du front le front avance →
Front : l’air chaud et humide rencontre l’air froid, glisse et monte lentement sur lui en se refroidissant ; les nuages se forment au-dessus de la surface du front, de plus en plus bas, jusqu’à la pluie. La couleur de l’air dit sa température : ocre plus chaud, bleu plus froid.

Sous le vent d’une montagne, l’air redescend sec et se réchauffe : c’est l’effet foehn (voir fiche « L’effet foehn »). Le front est détaillé dans fiche « Masses d’air et fronts ».

La base du nuage est sa limite inférieure : l’altitude où l’air qui monte atteint son point de rosée. Plus l’atmosphère est humide, plus la formation de nuages est probable ; très humide, elle donne beaucoup de nuages bas. Une atmosphère sèche donne peu de nuages, et plus hauts, voire aucun.

Brouillard de rayonnement

Par nuit claire, le sol perd sa chaleur en rayonnant (infrarouge) vers l’espace. Il se refroidit, puis refroidit l’air juste au-dessus. Si cet air atteint son point de rosée, du brouillard se forme au sol : c’est typique des longues nuits d’automne et d’hiver.

Nuit claire, sans vent le sol rayonne vers l’espace (infrarouge) l’air au sol refroidit brouillard le sol se refroidit, puis l’air qui le touche Ciel couvert renvoyé le sol se refroidit moins Grand vent refroidissement réparti sur une plus grande hauteur
Brouillard de rayonnement. Par nuit claire et sans vent, le sol rayonne vers l’espace (traits ondulés), se refroidit puis refroidit l’air qui le touche : au point de rosée, le brouillard se forme au sol. Par ciel couvert, les nuages renvoient le rayonnement et le sol se refroidit moins ; par grand vent, le refroidissement se répartit plus haut.

Ce qui favorise le brouillard de rayonnement :

  • Ciel dégagé : par ciel couvert, les nuages renvoient le rayonnement vers le sol, qui se refroidit moins.
  • Absence de vent : par grand vent, l’air est brassé et le refroidissement se répartit sur une plus grande hauteur.
  • Faible écart entre la température et le point de rosée : l’air a peu à se refroidir pour condenser.

L’air se retrouve plus froid au sol qu’en altitude : c’est une inversion. Une forte inversion signale une grande stabilité des basses couches ; on voit alors du brouillard ou des stratus en bas, et du soleil au-dessus.

Les types de nuages

Les noms se construisent avec quelques racines :

Racine Sens Exemples
cirro- très haut, de 6000 à 10 000 m, en général peu épais cirrus, cirrostratus, cirrocumulus
alto- étage moyen, de 3000 à 6000 m, un peu plus épais altostratus, altocumulus
cumulo- en boule, en « chou-fleur » ; la famille compte aussi des petits nuages amoncelés (flocons) cumulus, altocumulus, cirrocumulus
strato- en couche close qui s’étale stratus, altostratus, cirrostratus
nimbo- donne des précipitations nimbostratus

Deux termes particuliers : lenticulaire (en forme de lentille) et castellanus (en forme de château avec des tours).

cirro- alto- 0 2000 3000 4000 6000 8000 10 000 altitude (m), à l’échelle Ns ≈ 1000 As ≈ 4000 Cs 6000–10 000 St au sol Sc près du sol Cu 1000–4000 Ac ≈ 4500 Cc > 6000 Ci 6000–10 000 Cb sommet ≈ 10 000 Ac len. > 3500 Ac cas. Valeurs en m : la base du nuage ; pour Ci et Cs, la couche ; pour Cb, le sommet. Des ordres de grandeur, pas des limites strictes. Épaisseurs et largeurs des nuages : indicatives.
Altitude des nuages, à l’échelle : chaque nuage du tableau à son altitude, avec sa valeur en mètres (la base ; pour Ci et Cs, la couche ; pour Cb, le sommet). Des ordres de grandeur, pas des limites strictes.
Les 12 types de nuages, numérotés comme dans le tableau ci-dessous. Leneuf, Météo, p. 15.
Les 12 types de nuages, numérotés comme dans le tableau ci-dessous. Leneuf, Météo, p. 15.
Photo Nuage À retenir
1 Cirrus (Ci) petits nuages fins en mèches, de 6000 à 10 000 m
2 Cirrostratus (Cs) couche close, fine et translucide, de 6000 à 10 000 m ; halo coloré autour du soleil
3 Cirrocumulus (Cc) petits flocons, base au-dessus de 6000 m, faits de cristaux de glace
4 Altostratus (As) couche close, base vers 4000 m
5 Altocumulus (Ac) petits flocons, base vers 4500 m
6 Cumulus (Cu) signe de bons courants ascendants ; base en général entre 1000 et 4000 m. Humilis = très petits, mediocris = moyens, congestus = gros, à base sombre
7 Cumulonimbus (Cb) nuage d’orage né d’un cumulus congestus, souvent en champignon, jusqu’à 10 000 m environ
8 Stratocumulus (Sc) cumulus rapprochés en bandes, en général près du sol, fréquents après la pluie
9 Stratus (St) couche close, souvent au sol (brouillard), automne et hiver
10 Nimbostratus (Ns) couche très épaisse et close, base vers 1000 m, précipitations
11 Altocumulus castellanus en château ; tôt le matin = air humide et instable, propice aux orages l’après-midi
12 Altocumulus lenticulaire en lentille, au-dessus de 3500 m ; onde du vent sur le relief, reste en place

Nuages et vol

  • Cumulus humilis et mediocris, surtout s’ils sont hauts : indicateurs de bonnes ascendances thermiques.
  • Cumulus congestus : gros, à base sombre, sur plusieurs centaines de mètres de hauteur. Il peut donner de petites averses ou se développer en cumulonimbus.
  • Cumulonimbus : ses courants (ascendants, puis descendants et horizontaux) sont beaucoup plus rapides qu’un parapente : très dangereux. Il peut donner de la grêle, mais pas toujours.
  • Dès qu’il y a des précipitations sous un congestus ou un cumulonimbus, de l’évaporation se produit en altitude : elle refroidit l’air et provoque de forts courants descendants. Le nuage reste dangereux.
  • Signe de pluie visible de loin : un rideau gris de stries verticales, ou un peu obliques, de la base sombre jusqu’au sol.
  • Altocumulus castellanus tôt le matin : atmosphère humide et instable, propice aux orages l’après-midi.
  • Brouillard ou stratus en bas, soleil au-dessus : forte inversion vers 1000–1500 m, grande stabilité des basses couches.

Du petit cumulus au cumulonimbus, ses courants et ses dangers :

altitude (m) 10 000 5000 1 2 3 humilis mediocris congestus cumulonimbus bonnes ascendances base sombre 1 L’air chaud et humide monte et se refroidit. 2 La pluie s’évapore, refroidit l’air : il descend. 3 Au sol, il s’étale : fortes rafales. Dans le Cb, ces courants vont bien plus vite qu’un parapente. Pluie : stries de la base sombre au sol, visibles de loin. Altitudes à l’échelle. La couleur de l’air dit sa température : ocre plus chaud, bleu plus froid.
Du cumulus au cumulonimbus. Les petits cumulus (humilis, mediocris) signalent de bonnes ascendances. Le congestus, à base sombre, peut donner des averses ou devenir un cumulonimbus. Dans le Cb (1), l’air chaud et humide monte en se refroidissant ; (2) sous la pluie, l’évaporation refroidit l’air, qui descend fort ; (3) au sol, il s’étale en rafales. Ses courants vont bien plus vite qu’un parapente. La couleur de l’air dit sa température : ocre plus chaud, bleu plus froid.

Nuages lenticulaires

Ils se forment quand le vent souffle modérément à fort sur un relief et se met à onduler (onde). La vapeur se condense là où l’air monte, du côté au vent de l’onde, et l’eau s’évapore là où il redescend, sous le vent : le nuage reste en place malgré le vent. Ils sont typiques d’un ciel de foehn.

Vent modéré à fort sur un relief se forme se désagrège Au vent de l’onde, l’air monte et se refroidit : la vapeur se condense. Sous le vent, il redescend et se réchauffe : l’eau s’évapore. Le nuage reste en place ; l’air le traverse. vapeur (invisible) gouttelette
Nuage lenticulaire, en lentilles empilées : le vent ondule sur le relief. Au vent de l’onde, l’air monte et se refroidit, la vapeur se condense ; sous le vent, il redescend et se réchauffe, l’eau s’évapore. Le nuage reste en place, l’air le traverse. La couleur de l’air dit sa température : ocre plus chaud, bleu plus froid.